sur le maxi au soulevé de terre et le maxi sur trois reps au développé couché.
SEMAINE TROIS (condition physique): La difficulté de ces exercices ne provient pas de la charge soulevée, mais de l’intensité de travail: chariot lesté pendant deux minutes sans pause et séries de 50 reps au box squat, par exemple. La quatrième semaine est consacrée à la décharge, et donc à la réduction du volume et de l’intensité. “Elle permet au corps de se remettre et d’assimiler tous les nouveaux stimulus,” dit Wenning. Après cela, le programme reprend à la semaine un. Il se base sur les mêmes philosophies appliquées à des exercices différents.
L’ESPRIT GUERRIER Le système MAW emprunte différents éléments à plusieurs modes d’entraîne- ment (le powerlifting, le bodybuilding et même le CrossFit), mais il ne se résume pas à la combinaison aléatoire de différents styles. “Chaque élément du programme renvoie à un objectif précis,” explique Wenning. “Chaque partie du programme a son utilité.” Wenning s’est entretenu avec des officiers et des soldats afin de concevoir des programmes ciblant le développement de compétences spécifiques au personnel de l’armée. Il a également profité de ces entretiens pour collecter des analyses statistiques sur les causes les plus courantes de problèmes médicaux des soldats, qui touchent le plus souvent les épaules, le bas du dos et les genoux. En améliorant ces statistiques, il avait la possibilité d’aider l’armée à réaliser des économies substantielles tout en améliorant la performance sur le champ de bataille. Il est facile de personnaliser le
programme en fonction de la condition physique et de l’expérience de l’entraînement des soldats. Les exemples de programmes décrits dans les pages suivantes s’adressent aux athlètes plus avancés, mais Wenning propose également des versions pour les débutants et les pratiquants intermédiaires (avec réduc- tion du volume ou de l’intensité) suivant les progrès des soldats. Autrement dit, ce sont les programmes qui sont adaptés aux individus, et pas l’inverse. Même sur le terrain, l’absence d’équipe- ment d’entraînement ne pose aucun problème. Selon Ivezaj, le programme
SOULEVÉ DE TERRE AVEC LES SANGLES
Placez une barre chargée au sol, à l’intérieur d’une cage à squat. Faites passer des sangles autour de chaque extrémité de la barre, contre la face intérieure des disques, et sous le montant horizontal inférieur de la cage à squat. Réalisez le soulevé de terre de la manière habituelle en gardant la poitrine ouverte et le dos aussi plat que possible.
MAW est conçu pour être “pleinement fonctionnel” sans centre de fitness et dans un “environnement austère”. Chaque compagnie transporte avec elle un caisson contenant l’équipement MAW, avec tout ce dont les soldats ont besoin pour s’entraîner: barres, jeu de disques, supports pour exercices pliométriques, kettlebells, pneus et chariots. En revanche, la course de fond ne figure pas au programme. Ce grand classique de l’armée depuis des décennies est remplacé par des exercices comme la bascule de pneu, le balancement de kettlebell et le chariot lesté. Ces activités, qui associent vitesse et résistance, imitent les exigences des combats modernes bien mieux que le jogging en tee-shirt et en short. Grâce à la contribution de Wenning,
le vénérable test de condition physique de l’armée pourrait bien connaître ses dernières années. C’est la mesure traditionnelle de la condition physique dans l’armée: il consiste en 3 km de course à pied, deux minutes de pompes et deux minutes de relevé de buste. Maintenant que ces paramètres ont été modifiés afin de procéder à une évaluation plus complète de la force, de la puissance et de
la vitesse, les soldats devront se transfor- mer en athlètes plus performants et plus complets. “Pour transporter rapidement son matériel, un soldat doit être capable de soulever des charges équivalant à deux fois et demie son poids du corps au squat et au soulevé de terre, et au moins une fois et demie son poids du corps au développé couché. Cela garantit que la musculature, les ligaments et les tendons sont assez forts pour supporter un entraînement basé sur la vitesse,” explique Ivezaj, donnant ainsi une idée de ce que pourrait exiger le nouveau test amélioré. “La majorité des soldats devrait être capable de prendre 180 kilos au soulevé de terre.” “Avec ces entraîne- ments, nous essayons non seulement de concevoir un programme plus intelligent, mais aussi beaucoup plus transférable que les anciennes pratiques, comme la course de trois kilomètres, les pompes et les relevés de buste. Ces exercices ne sont plus utiles sur le champ de bataille. Pourquoi utiliser un système dépassé quand nous connaissons une méthode plus efficace et plus axée sur la performance, qui traite les soldats comme des athlètes, et non pas comme de simples bidasses? L’armée propose dorénavant un programme plus intelli- gent basé sur les méthodes existantes les plus performantes.”