Après plusieurs périodes de service en Afghanistan et en Irak, il prévoit de repartir. “C’est là-bas que je me sens chez moi,” explique Kennedy. “Je vais monter sur le ring pendant une période de temps déterminée ici, puis je vais repartir faire mon travail.” Pour l’instant, c’est l’un des chouchous du MMA, et personne ne veut l’affronter. Avec ses techniques de lutte et de soumission de classe mondiale, des bras et des jambes d’une puissance exceptionnelle et une endurance inégalée dans ce sport, Kennedy poserait un sacré défi à n’importe quel poids moyen.
DEPUIS NOTRE DERNIÈRE CONVERSATION Le bilan de l’année qui vient de s’écouler est mitigé pour Kennedy. Avec deux impression- nantes victoires par soumission au premier round et une défaite controversée contre Ronaldo “Jacare” Souza, le champion poids moyen de Strikeforce, il a eu sa dose de combats. Cependant, après seulement sept rounds en plus de 12 mois, il a envie d’action, de combats de plus grande envergure et de meilleures opportunités de faire passer son message: il faut toujours se battre avec respect, avec classe. La défaite contre Souza a été particulièrement décevante. “Je pensais être le vainqueur,” dit-il. “Les chiffres parlent d’eux-mêmes: il a pris plus de coups, et il est parti deux fois au tapis.” Déterminé à intensifier son entraînement, et plus particulièrement sa stratégie, il a commencé à travailler avec Greg Jackson, le génie du MMA, avant de défendre son titre. Ce choix a porté ses fruits, en dépit de la défaite contre Souza, quand il a remporté la victoire par soumission (grâce à un étranglement arrière) contre Melvin Manhoef en mars. Tout au long de cette période, Kennedy a
veillé à conserver une condition physique optimum que tout le monde peut imiter, en préparation d’un combat ou tout simplement pour rester en forme. Il est constamment écorché, sa condition physique est toujours phénoménale et il n’hésite jamais à dire oui à un combat, même au dernier moment. “Quoi que je fasse, le plus important, c’est l’entraînement,” dit-il. “Quand je voyage, je veille à commencer la journée par un entraînement. En phase de préparation à un combat, quand je ne voyage pas du tout, je fais trois séances par jour. Mon secret, c’est de constamment travailler.”
FORT COMME UN SOLDAT Pour l’entraîneur Coy Schneider, proprié- taire de CS Strength à Austin, dans l’État du Texas, l’entraînement avec Kennedy présente des défis uniques. “Sa condition physique est
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déjà tellement bonne,” dit Schneider, “que nous avons dû innover pour lui permettre de développer sa force et sa vitesse. En plus, les exercices répétitifs l’ennuient: il a besoin d’énormément de variété.” Les séances de musculation de Kennedy sont axées sur le développement de la puissance et de la force explosive. Elles suivent une répartition sur quatre séances en constante évolution élaborée par Schneider. Son poids se situant naturellement entre 100 et 102 kilos, il a besoin de suivre un régime minceur strict avant les combats. Son programme se base sur l’incorporation d’exercices explosifs qui ne développent pas trop la masse musculaire et facilitent la phase de séchage: autrement dit, des mouvements à contraction rapide comme le box squat, des variantes des pompes pliométriques et des jetés de médecine-ball. “Nous incorporons aussi des sangles et des chaînes à divers exercices,” explique Schneider. “Nous faisons beaucoup de séries courtes de box squat avec les sangles en superset avec le saut sur élément surélevé.” Les kettlebells sont utilisées dans la quasi-totalité de l’entraînement de Kennedy. Les circuits au travail explosif pur, il les adore, à tel point qu’il a insisté pour que nous le photographiions pendant un exercice avec la kettlebell (l’arraché). “Les kettlebells sont fantastiques dans tous les domaines,” dit Kennedy. “Nous travaillons l’explosivité et la force des ischios et du bas du dos avec l’arraché et le balancement, et nous les incorporons à des circuits ciblant la condition physique: je fais des pompes avec
Kennedy est un des meilleurs au monde au grappling, mais son premier art martial a été le kickboxing.
squat sauté en tenant les kettlebells avant de passer à un arraché à deux mains.”
GAINAGE ET CHAÎNE POSTÉRIEURE Pour veiller à ce que le gainage de Kennedy soit toujours optimum, Schneider met au programme différents jetés de médecine- ball, le relevé de buste lesté, le relevé de jambes suspendu et la planche. “Notre objectif est que son corps soit parfaitement aligné, des dorsaux aux muscles de gainage et au bassin,” dit-il. La chaîne postérieure de Kennedy, autrement dit les muscles de l’arrière du corps, qui vont des ischios aux deltoïdes postérieurs, est également soumise à un travail intense. “J’adore le soulevé de terre,” dit-il, “il est au cœur de mon entraînement, car il sollicite tous les muscles du corps. À la salle, je ne supporte pas que quelqu’un soit capable de prendre plus lourd que moi au soulevé de terre.” En guise d’exercices d’assistance de la chaîne postérieure de Kennedy, Schneider prescrit une forte dose de soulevés de terre roumains et de ponts. Pour travailler les muscles postérieurs du haut du corps, Kennedy réalise toute une série d’exercices avec les sangles, y compris le tirage latéral, des Y et des T, autrement dit une série de mouve- ments statiques avec maintien de la position afin de travailler la stabilité de la ceinture scapulaire.
CARDIO BARJOT Si vous voulez passer un moment dans la cage avec Kennedy, vous avez intérêt à être