Kris Dim a refusé de laisser une rupture d’aorte mettre un terme à sa carrière.
de juin 2007, ce pro IFBB et entraîneur personnel était au sommet de sa carrière. Il venait de participer à deux concours Olympia, où il n’avait pas réussi à faire mieux que douzième, mais il dirigeait sa propre salle d’entraînement et avait tout pour être heureux, car le bodybuilding lui avait offert de nombreuses opportunités: contrats publicitaires, posing en vedette et une carrière dans le sport qu’il adorait. À présent, couché sur le sol de la salle, il savait qu’il risquait bien plus que sa carrière. Il a perdu conscience rapidement après son départ dans l’ambulance. Il n’était pas revenu à lui quand le médecin a livré un diagnostic peu encourageant à sa famille: une rupture de l’aorte de six centimètres et une chance de survie de 10 pour cent. Selon le médecin, même s’il survivait, Dim ne serait plus l’homme qu’il était avant l’accident. Il souffrirait sans doute d’une lésion cérébrale, de paralysie ou des deux.
LE REVENANT
C 42
’était un matin comme les autres pour Kris Dim. Levé à 4 h 45, il a pris son petit déjeuner composé de flocons d’avoine et de blanc d’œufs
et a réalisé une séance brutale pour les jambes avant de commencer à entraîner ses clients. C’est alors qu’au cours de l’après-midi, au beau milieu d’une séance d’entraînement avec un client, le temps s’est arrêté. La douleur était atroce: une pression soudaine et énorme, qui lui a donné
MUSCLE&FITNESS
KRIS DIM A TRIOMPHÉ DE LA MORT À DEUX REPRISES. IL EN PORTE LES CICATRICES
TEXTE MATT TUTHILL
l’impression d’avoir “cinq cents kilos” sur la poitrine.
Il s’est assis, a demandé à son client d’appeler le SAMU et a tenté de contrôler sa respiration. Adepte de la méditation, il savait comment modifier sa respiration afin de se détendre, de ralentir sa fréquence cardiaque et d’abaisser sa pression artérielle: de telles techniques aident à conserver le contrôle de soi en situation d’urgence. On ne peut pas grand-chose contre une rupture d’aorte. Avant cette journée
LE MIRACULÉ Après cinq heures et demie d’opération d’urgence pour réparer son aorte, les sombres prédictions du chirurgien ne se sont pas réalisées. Dim a repris conscience, assommé par les drogues et à peine cohérent, dans une salle bondée de visiteurs. Il ne se rappelle pas avoir vu sa mère, son ex-femme et ses deux fils, mais ils étaient bien là, heureux qu’il ait une seconde chance. Cependant, Dim ne voulait pas d’une vie normale, ou tout du moins, pas encore. Il était bodybuilder, et il refusait d’abandonner aussi facilement ses rêves. “Je ne voulais pas que ma carrière se termine ainsi,” explique Dim, qui a maintenant 37 ans. “Toute ma famille souffre d’hypertension et de cholestérol. Mon père a eu une congestion cérébrale à 54 ans, alors ils ont pensé que je devais faire attention. Mais il est difficile d’abandonner un sport. Je voulais absolument revenir.
Je me fichais de l’opinion des autres.” Il a eu la surprise de réaliser que son chirurgien était aussi un fan de musculation, qui s’est montré très compréhensif envers Dim. “Il m’a dit: ‘Pas question que je vous dise d’arrêter une activité que vous aimez tant’,” se rappelle Dim.
UN RETOUR DIFFICILE Obtenir la permission d’un docteur, c’était très bien, mais retrouver une condition physique digne d’un compétiteur, c’était une autre paire