le commandement de Stann étaient blessés, mais tous ont survécu. “Si on m’a donné l’Étoile d’argent, c’est uniquement parce que j’ai eu de la chance,” explique-t-il. “C’est uniquement grâce à la discipline et au courage des Marines que j’ai pu les mener jusqu’au bout. C’est comme lorsque le meilleur joueur d’une équipe reçoit un prix, en fait, c’est grâce aux autres joueurs qui lui ont permis de se mettre en valeur.”
UN COMBATTANT NÉ Depuis ses débuts en WEC 2006, Spann a progressé de manière expo- nentielle: champion poids moyens WEC 2008, il fait maintenant partie des 10 meilleurs combattants de l’UFC. Après sa victoire contre Santiago, il pense qu’il n’est plus qu’à deux victoires du titre de champion. À l’issue de l’UFC 130, il a repris son entraînement régulier sous la direction de deux entraîneurs de classe internationale de la MMA, Mike Winkeljohn et Greg Jackson. Pourtant, sa mentalité de guerrier
reste quelque chose d’un ordre plus viscéral – le genre de qualité qu’on ne peut pas développer à la salle. Au dire de tous, Stann est né comme ça, et a fait pour la première fois démonstration de ses instincts dès l’âge de 9 ans, alors qu’il vivait à Scranton, Pennsylvanie. Sa mémoire n’a pas gardé trace de la plupart des bagarres de son enfance, mais la première y est restée gravée. “Il n’y avait pas vraiment de prétexte,”
raconte-t-il, “Seulement des gars plus âgés qui cherchaient l’embrouille. J’étais grand et athlétique, mais je n’avais jamais participé à une vraie bagarre avec des vrais coups et tout. Je me souviens qu’il m’a donné trois coups de poing d’affilée, qu’il m’a mis le nez en sang et qu’il m’a fait tomber. Je ne me suis jamais senti aussi embarrassé et humilié de ma vie et j’ai juré que jamais
“JE VEUX ÊTRE LE CHAMPION EN TITRE. JE VEUX PROUVER À TOUS CEUX QUI PRÉTENDENT QUE JE N’Y ARRIVERAIS PAS QU’ILS ONT TORT.”
plus ne je ne voudrais ressentir la même chose.” Stann avait quatre ans de moins, voire plus, que son agresseur, mais Stann ne considère ni l’âge ni la taille comme une excuse. À cause de cette humiliation, il a développé cette sorte de bravache, du genre “réglons ça entre hommes”, qui a influencé les plus grandes décisions de sa vie – dont le fait de préférer les Marines à la Navy après l’obtention de son diplôme à Annapolis. Il ne voulait pas se retrouver sur un bateau. Ce qu’il voulait, c’est être dans le désert, un fusil à la main, face à l’ennemi.
OBJECTIFS À LONG TERME Après cette première expérience, Stann s’est mis au kung fu, mais comme il prenait quand même des coups, il s’est finalement dit assez rapidement que les arts martiaux étaient “mal commodes”. C’est en regardant les premiers balbutiements de l’UFC qu’il a commen- cé à imaginer ce que devrait être son entraînement. C’est ainsi que le jiu jitsu, la boxe et le catch se sont retrouvés au centre de son univers. Ironiquement, le film Bloodsport a joué un rôle égale- ment. “Je le regardais si souvent que j’ai été obligé de le racheter, parce que j’avais usé la cassette,” se souvient Stann en riant.
Ce film est un peu ridicule: un jeune
garçon qui se fait persécuter trouve refuge dans les fictions hollywoo- diennes en se jurant de réussir lui aussi. Aujourd’hui, cependant, plus personne ne rit. L’autorité naturelle de Stann a su faire taire tous les critiques qu’il a croisés sur sa route. Il reste malgré tout un dernier combat professionnel à mener et il est absolument déterminé à mettre les choses au point. “Je veux être le champion en
Stann balance un coup de pied d’anthologie à Jorge Santiago à l’UFC 130.
titre,” affirme-t-il. “Je veux prouver à tous ceux qui prétendent que je n’y arrive- rais pas qu’ils ont tort, tous ceux qui m’ont pris pour un simple soldat qui ne faisait pas vraiment partie du monde des combattants. Quel que soit le milieu dont on sort, si on a la volonté de fournir le travail nécessaire, on peut réussir ce qu’on veut.” M&F