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Fanny Wilk, Gérante de Temps d’Elégance et ancienne Chef de produit « Un jour, le corps s’épuise, n’a plus de ressources»


Fanny Wilk est une femme très active et passionnée par ce qu’elle fait : « Je suis incapable de faire quelque chose sans m’im- pliquer émotionnellement ». Elle fait un premier burn out pen- dant ses études lorsque cessent d’un seul coup deux activités très prenantes : son DUT de Génie Biologique à l’Université Jules Verne d’Amiens et son travail chez McDonald’s. « Je me suis effondrée. Je ne pouvais plus me lever ». Elle ne savait pas alors ce qu’était un burn out. Elle récupère progressivement, passant une Maîtrise de Sciences & Techniques Productions végétales et industries Agroalimentaires à Amiens. Elle s’oriente en 2003 vers l’informatique chez un éditeur de logi- ciels pour hôpitaux où elle passe au bout de trois ans Chef de produit. Son équipe compte jusqu’à 12 personnes. Entre son N+1 beaucoup plus expert que manager – mais elle s’en est rendu compte uniquement après – le dirigeant paternaliste pour qui « une femme doit travailler deux fois plus que les autres pour faire ses preuves » et le sentiment d’une perte de sens, les développements logiciels finissant par être réécrits, elle s’use : « Je devenais agressive. J’allais pleurer dans les toilettes. J’écla- tais en sanglots pendant le bilan de compétences que je faisais. Je n’allais plus aux réunions de mon association de jeux de rôles grandeur nature... » Elle fait un burn out en février 2011. Elle passe huit mois à dormir 18 h par jour. Une psychiatre et une psychologue de la médecine du travail qui la suivent lui expli-


quent le processus du burn out : « Dans la phase précé- dant l’effondrement, j’avais de grosses difficultés à m’en- dormir. Je dormais peu, étais stressée et angoissée d’aller au boulot. Je produisais des hormones même la nuit. Un jour, le corps s’épuise, n’a plus de ressources pour en produire. J’étais en état de manque, comme un drogué, et me suis effondrée. » Grâce aux antidépresseurs, à son chat et surtout à son mari Thomas « qui m’a supporté et donné deux ans de sa vie », dit- elle, les larmes aux yeux, elle récupère. Elle change de voie pour ouvrir sa boutique de costumes historiques à Paris en mai 2012. « C’était trop tôt, je n’étais pas encore remise ». Ce mois- ci, elle ferme boutique du fait de charges trop élevées mais continue de fabriquer des costumes pour ses clients. Elle cherche également un travail salarié dans le domaine culturel. Et monte une association d’histoire vivante, la Compagnie de l’Histoire et des Arts. ■


JUIN 2014 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°85 81


©C.CALAIS


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