Directeur Environnement d’Auchan France Interview de Pierre Frisch,
uniquement la quantité souhaitée » Auchan est engagé dans la lutte contre le gaspillage depuis plusieurs années et partage avec nous ses initiatives les plus emblématiques telles que la vente en vrac et le BOGOFL…
« Tous les magasins Auchan disposent d’un rayon vrac permettant d’acheter
Supply Chain Magazine : Les distribu- teurs outre-Manche communiquent beaucoup sur leurs actions visant à lutter contre le gaspillage. Les distri- buteurs français sont plus discrets. Pour quelle raison ? Pierre Frisch : Auchan mène depuis plusieurs années une politique RSE dans laquelle la lutte contre le gaspil- lage est un des dossiers importants. Nous nous préoccupons en effet de cette question pour trois raisons : éco- nomique, sociale et écologique. Ce sujet a été mis en lumière par le parle- ment européen depuis 2012 et par le Pacte national contre le gaspillage lancé en juin 2013, que nous avons signé. Il s’agit donc d’un sujet récur- rent mais qui jusqu’à présent était peu communiqué vers le consommateur. Par ailleurs, je pense que les distribu- teurs anglais généraient historique- ment davantage de gaspillage alimen- taire de par la nature des produits dis- tribués, en général plus élaborés et avec des dates plus courtes qu’en France. Voilà pourquoi, selon moi, ce thème est probablement davantage sous le feu des projecteurs en Grande- Bretagne qu’en France.
SCMag : Quels sont les actions menées dans le cadre de cette lutte contre le gaspillage ? P. F. : Tous les magasins Auchan dis- posent d’un rayon vrac (rayon self-dis- count) permettant d’acheter unique- ment la quantité souhaitée (café, céréales, riz, bonbons, pâtes, thé, etc.). En outre, achetant un produit sans emballage, le consommateur bénéficie aussi de prix avantageux. Nous envi- sageons d’étendre le vrac à d’autres catégories de produits plus haut de gamme. Nous développons également la vente des produits à l’unité. Mais il
faut être très attentif à l’équilibre entre la réduction du gaspillage et l’em- preinte écologique qui se dégrade par définition en abaissant les quantités unitaires… Par ailleurs, sur le même modèle que ce que proposent les dis- tributeurs britanniques, nous avons mis en place au niveau national depuis janvier 2013 le « BOGOFL » (Buy One Now, Get One Free Later). Pour des produits en promotion, nous proposons à nos clients de revenir acheter le second la semaine suivante, c’est-à- dire à un moment où il aura potentiel- lement plus envie de le consommer. A ma connaissance, nous sommes les seuls en France à le proposer. Bien entendu, le travail au quotidien et l’op- timisation permanente des approvi- sionnements (commandes, livraisons, etc.) contribue fortement à réduire les quantités gaspillées.
SCMag : Comment communiquez- vous auprès des consommateurs sur la question du gaspillage ? P. F. : Nous avons réalisé des affiches à
des fins pédagogiques sur lesquelles nous expliquons par exemple qu’un légume « moche » est tout aussi con- sommable qu’un légume « joli ». Elles ont été envoyées dans tous nos maga- sins et sont consultables sur notre site Internet. A ce propos, nous essayons de développer au sein de nos magasins des zones pour écouler les fruits et légumes abîmés (« opérations confi- ture », etc.) mais force est de constater que l’achat de ces produits n’est pas encore entré dans les mœurs des consommateurs. Les affiches sont éga- lement utilisées comme support pour expliquer aux consommateurs la diffé- rence entre une DLC et une DLUO. En outre, nous organisions tous les deux ans un concours interne développe- ment durable pour lequel a été créée, depuis cette année, une catégorie dédiée au gaspillage alimentaire.
SCMag : Comment gérez-vous la fin de vie de vos produits ? P. F. : Nous envisageons de regrouper dans un meuble spécifique les produits en fin de vie dont le prix aura été baissé. Lorsque nos produits se rapprochent de la date de retrait, ils sont retirés des rayons puis donnés aux banques ali- mentaires en respectant le cadre sani- taire et légal. Nous avons d’ailleurs donné l’équivalent de 13 millions de repas en 2013. En toute fin de chaîne, plutôt que de détruire, nous métha- nisons nos denrées fermentescibles, offrant ainsi une fin de vie aux déchets végétaux et animaux sous la forme d’énergie ou d’engrais. Nous méthani- sons environ 15.000 tonnes par an sur un peu plus de 80 magasins. ■ PROPOSRECUEILLISPAR BRUNO SIGUICHE
JUIN 2014 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°85 73
©AUCHAN
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