tives à long terme des prix agricoles sont très incertaines, mais la tendance à la baisse devrait se poursuivre. Dans son rapport sur les Perspectives économiques mondiales, la Banque mondiale prévoit une chute d’environ 0,7 % par an tout au long de la pé- riode considérée, jusqu’en 2030 (Banque mondiale, 2008b).
Relation entre les prix alimentaires et les prix pétroliers
On observe une corrélation de plus en plus étroite entre les prix de l’énergie et ceux des produits agricoles. La hausse des prix pétroliers fait accroître le coût des engrais et les taux de fret. Le marché émergent des biocarburants contribue à renforcer ces liens d’interdépendance, pendant que l’élévation des prix du pé- trole entraîne dans son sillage la demande de biocarburants. Les produits agricoles utilisés aujourd’hui pour la production de bio- carburants servaient précédemment à la production d’aliments fourragers. Il s’ensuit une augmentation de la demande aussi bien de produits agricoles que de facteurs de production.
Les rendements devront augmenter d’au moins 43 % d’ici à 2030 pour parvenir à satisfaire la demande, en considérant que tous les autres facteurs seront constants (FAO, 2003). La part des engrais représente à elle seule environ 50 % des augmenta- tions successives de la production (FAO, 2003). Les projections relatives aux augmentations requises pour satisfaire la demande supposent une utilisation accrue des engrais par les petits ex- ploitants agricoles de la région. Le coût des engrais étant for- tement corrélé aux prix du pétrole, les futurs prix pétroliers in- flueront sensiblement sur l’accès des agriculteurs aux engrais commerciaux. Les projections actuelles de la FAO concernant le scénario 2015/2030 sont basées sur un cours du pétrole de 21 dollars le baril, alors que le scénario ultérieur (2030/2050) considère un cours moyen de 53,4 dollars le baril. Au plus fort de la crise actuelle, le cours du pétrole a atteint une crête de 147 dollars le baril. Les prix des engrais et leur utilisation étant fortement corrélés aux cours du pétrole, une hausse éventuelle des prix pétroliers réduirait la consommation d’engrais ou ren- chérirait les prix alimentaires.
Le prix du carburant est l’un des facteurs déterminants des ac- tivités halieutiques. La hausse des prix de l’énergie a une forte
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Les prévisions de prix dépendent d’un large éventail de fac- teurs, dont le changement climatique, la variation de la produc- tivité, l’accroissement du PIB et la croissance démographique, ainsi que le cadre de politique générale. Aujourd’hui, par une cruelle ironie du sort, un lien s’est établi entre l’élévation du
incidence sur la pêche et l’aquiculture (en ce qui concerne la pro- duction et le transport d’aliments pour poissons) et entraîne des dépenses élevées pour les opérations de traitement, de trans- port (notamment par fret aérien) et de distribution des produits halieutiques. Les petites entreprises de pêche qui utilisent es- sentiellement des moteurs hors-bord ou de petits moteurs die- sel ont été particulièrement touchées par les effets de la hausse exponentielle des prix des carburants.
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