Accès au marché (zones agricoles)
Accès au marché (zones agricoles)
Moins d’une heure 5 - 10
2 - 5 1 - 2
2 - 5 1 - 2
Estimation du temps de trajet pour atteindre l’agglomération de plus de 5 000 habitants la plus proche
Estimation du temps de trajet pour atteindre l’agglomération de plus de 5 000 habitants la plus proche
5 - 10 Plus de dix heures Plus de dix heures Moins d’une heure
Figure 34. Accès aux marchés dans les zones agricoles en Afrique, en Asie et en Amérique latine (source : Sebastian, 2007).
La médiocrité des liaisons entre les villes et les campagnes en- trave les transmissions des prix vers les marchés locaux, ce qui agrandit le fossé entre la demande urbaine et la production ru- rale, face à la demande accrue de produits traditionnels ou de di- versification des produits. Les difficultés d’accès au marché sont très courantes en Afrique, même si le trajet jusqu’au marché né- cessite aussi de longues heures de route dans une bonne partie de l‘Amérique latine et de l’Asie (figure 34). Dans ces conditions, l’évolution des prix intérieurs ne suit pas toujours celle des prix internationaux (FAO, 2006). Les périodes de hausse des prix réels ont été en général associées à des dévaluations du taux de change réel. Le relâchement des mesures de contrôle des prix et des systèmes de marché par les pouvoirs publics a entraîné aussi une majoration des prix à la production dans certains cas. Dans d’autres cas, la libéralisation des importations semble avoir contribué à la chute des prix intérieurs réels de certains produits de base. En conséquence, les pénuries alimentaires et fourragères qui haussent les prix au niveau mondial ne s’accom- pagnent pas d’augmentations de la production à l’échelon local.
COURS MONDIAUX FUTURS DES PRODUITS ALIMENTAIRES
L’accès à la nourriture est déterminé aussi par la variation à long terme des prix alimentaires (à différencier de l’instabilité
des prix telle qu’elle est décrite au chapitre 6.2). Il est probable que la tendance à la hausse des prix alimentaires mondiaux se poursuivra au cours de la prochaine décennie. Cependant, à long terme, les prix subiront un déclin (OCDE-FAO, 2008).
Les prix sont dictés par une combinaison complexe de divers fac- teurs. D’un point de vue historique, les gains de productivité et la montée de la concurrence commerciale ont pris le pas sur le ren- forcement de la demande, ce qui a engendré la tendance à la baisse des cent dernières années. Les prix ont été influencés ces derniers temps par les effets combinés de la flambée des prix des carbu- rants, de la production de combustibles et de conditions météoro- logiques défavorables, ainsi que des restrictions commerciales qui tendent en général à hausser les prix (Banque mondiale, 2008).
Les projections estiment que les prix agricoles suivront une ten- dance à la baisse durant les deux prochaines années, mais qu’ils demeureront au-dessus des niveaux enregistrés dans la premiè- re moitié de la décennie en cours. Une solide combinaison de la réaction de l’offre et d’un accroissement continu de la demande devrait pouvoir maintenir les prix au-dessus des niveaux anté- rieurs, mais bien en deçà des niveaux record atteints ces derniers temps (OCDE-FAO, 2008). D’ici à 2017, selon les prévisions, les prix auront augmenté de 10 à 35 % en termes réels, par rapport aux niveaux de la décennie écoulée (OCDE, 2008). Les perspec-
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