fournir près de 60 % de l’eau utilisée pour l’irrigation, le fleuve Indus et ses affluents produiront aussi 45 % de l’énergie élec- trique consommée au Pakistan.
Il importe par conséquent de relever les effets du change- ment climatique sur l’étendue de la masse de neige et de glace (PNUE, 2007) ainsi que sur l’apport d’eau subséquent pour l’irrigation. Le changement climatique pourrait mettre en péril le potentiel de production alimentaire actuel, notamment dans la région de l’Hindu Kush-Himalaya et en Asie centrale (figure 21). Actuellement, la production vivrière dépend à 35 % de l’ir- rigation dans des pays comme l’Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, la Chine, l’Inde, le Myanmar, le Népal et le Pakistan, où elle assure la subsistance de plus de 2,5 milliards de per- sonnes. Dans cette zone géographique, selon les projections, la demande d’eau devrait s’accroître d’au moins 70 à 90 % d’ici à 2050, y compris l’approvisionnement de certaines régions d’Asie centrale, de Chine et du Pakistan qui, aujourd’hui, sont directement exposées au stress hydrique.
Un recul de 10 à 30 % des rendements des cultures irriguées dans les bassins hydrographiques qui prennent leur source dans les monts Himalaya et en Asie centrale représente 1,7 à 5 % de la production céréalière mondiale (voir l’encadré). Si une diminution de rendement du même ordre due à une insuffi- sance d’eau d’irrigation devait survenir dans l’ensemble des zones cultivées du monde, cela entraînerait (à moins d’une utilisation plus efficace de l’eau) une perte de 4 à 12 % de la production céréalière mondiale. Dans nombre de régions du monde, les pertes ont déjà atteint des niveaux très élevés à cause de prélèvements excessifs d’eau dans les aquifères et les cours d’eau. Il ressort de certaines études que près de la moi- tié de l’eau d’irrigation provient de sources lointaines non re- nouvelables (Rost et coll., 2008). En effet, les débits des cours d’eau ont tendance à diminuer, principalement du fait des utilisations anthropiques, notamment de l’irrigation (Gerten et coll., 2008). Actuellement, on estime que le ratio prélève- ment/disponibilité dans 24 % de la superficie totale des bas- sins fluviaux du monde est supérieure à 0,4, niveau que cer- tains spécialistes considèrent comme un signe probable de « stress hydrique aigu ». Selon le scénario de maintien du statu quo dans lequel les tendances démographiques, économiques et technologiques demeureraient inchangées jusqu’en 2025,
les prélèvements d’eau devraient augmenter dans 59 % de la superficie totale des bassins fluviaux du monde, l’emportant ainsi sur les améliorations projetées en matière d’utilisation efficace des ressources en eau, mais avec d’importantes va- riations entre les différentes zones géographiques (Alcamo et coll., 2003). En supposant que la fonte des glaciers rédui- rait la production à l’horizon 2050 comme on l’a indiqué, et qu’une estimation analogue pour le reste de terres irriguées représenterait la limite supérieure, les baisses de rendement dues à des pénuries d’eau dans la région se situeraient dans la fourchette de 1,7 à 12 % des niveaux prévus pour 2050. Etant donné le degré élevé de dépendance à l’égard de bon nombre de fleuves du monde pour l’irrigation, une telle estimation paraît plutôt optimiste.
Hormis le fait que les glaciers fondent rapidement en de nom- breux endroits, il n’existe pas de données suffisantes pour déterminer de manière plus exacte à quel moment et à quel endroit les pénuries d’eau auront une incidence sur les systè- mes d’irrigation. La réalisation de projections fiables se heurte aussi à la variabilité des impacts sur les eaux souterraines et les eaux de surface, ainsi que sur l’approvisionnement en eau des zones urbaines et des industries. Qui plus est, l’augmentation
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