production de 15 % pour le blé et de 27 % pour le maïs. Les incidences des phénomènes météorologiques extrêmes ne sont pas prises en compte dans ces estimations. En outre, les projections des effets vont seulement jusqu’en 2030, période à laquelle les impacts du changement climatique commenceront à peine à se faire jour. Une bonne com- préhension des influences des variations du climat sur les cultures pourrait fournir des solutions de rechange pour l’adoption de stratégies adaptatives dans les régions les plus vulnérables du monde (Lobell et coll., 2008).
En s’appuyant sur une estimation consensuelle de six modè- les climatiques et deux méthodes de modélisation de cultu- res, Cline (2007) a conclu que d’ici à 2080, en supposant une
hausse de température de 4,4 % et une augmentation des précipitations de 2,9 %, le potentiel de production alimen- taire sur le plan mondial devrait régresser d’environ 6 %, ou 16 % en l’absence de fertilisation par le gaz carbonique. Cet auteur a proposé une fourchette de réduction allant de 10 à 25 % selon les régions. Les projections estiment que d’ici à 2080, au fur et à mesure de l’intensification des change- ments climatiques, le recul du potentiel de production agri- cole pourrait atteindre 60 % dans plusieurs pays africains, soit en moyenne 16 à 27 %, selon l’intensité de l’effet ferti- lisant du carbone (figures 18 et 19). Ces effets viendraient s’ajouter à la raréfaction des ressources en eau résultant de la fonte des glaciers, de la modification des configurations de précipitations ou de prélèvements excessifs d’eau
Projection à l'horizon 2080 des variations de la productivité agricole dues aux changements climatiques (y compris aux effets fertilisants du carbone)
-50% -15% 0 +15% +35% Données non disponibles
Figure 18. Projections des pertes de production alimentaire dues aux changements climatiques d’ici à 2080 (source : Cline, 2007). 48
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