Les prix alimentaires ont suivi une tendance générale à la baisse au cours des dernières décennies, mais ceux de certains produits ont connu une forte hausse à partir de 2004, avec des envolées entre 2006 et 2008 (Brahmbhatt et Christiaensen, 2008; FAO, 2008; Banque mondiale, 2008). L’indice FAO des prix alimentaires a grimpé de 9 % en 2006, de 23 % en 2007 et de 54 % en 2008 (FAO, 2008). Le cours du pétrole brut, qui influe sur l’utilisation d’engrais, les transports et les prix des produits de base (figures 1 et 2), a culminé à 147 dollars le baril en juillet 2008, avant de re- tomber à 43 dollars en décembre 2008 (Banque mondiale, 2008). En mai 2008, les prix des principaux produits céréaliers tels que le riz de qualité moyenne de Thaïlande ont plafonné à 1 100 dollars la tonne, soit un niveau près de trois fois plus élevé que ceux de la décennie précédente. Bien qu’ils soient retombés par la suite à 730 dollars la tonne en septembre (FAO, 2008), ces prix sont de- meurés à un niveau représentant près du double de celui de 2007 (FAO, 2008). Les projections actuelles tendent à indiquer que les prix demeureront élevés au moins jusqu’en 2015. La crise alimen- taire qui sévit actuellement pourrait aggraver l’inflation de 5 à 10 % (26 à 32 % dans des pays comme le Vietnam et le Kirghizistan) et réduire le PIB de 0,5 à 1 % dans certains pays en développement.
La hausse des prix alimentaires est due principalement à qua- tre grandes causes (Braun, 2007; Brahmbhatt et Christiaensen, 2008; Banque mondiale, 2008), à savoir : 1) Les effets combi- nés de phénomènes météorologiques extrêmes et de la dimi-
Indice FAO des prix des produits de base
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2000 2002 2004 Produits laitiers Huiles et matières grasses Céréales Sucre Viande Référence : 1998-2000 2006 2007 2008 JF MA MJ JA SO ND JF MA MJ JA SO ND
Figure 2. Indice FAO des prix des produits alimentaires pour la période 2000–2008. (Source : FAO, 2008). 12
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nution subséquente des rendements et des stocks céréaliers; 2) L’accroissement rapide de la part des cultures non alimen- taires et principalement des biocombustibles; 3) La hausse des prix pétroliers, qui a une incidence sur l’utilisation d’engrais, la production, la distribution et le transport des aliments et sub- séquemment sur les prix alimentaires (figure 3); et 4) La spécu- lation sur les marchés des produits alimentaires.
Bien que la production ait augmenté de manière générale, la hausse des prix a coïncidé avec des événements météorologiques extrêmes dans plusieurs des grands pays producteurs de céréales, ce qui a contribué à l’amenuisement des stocks. En 2008, selon les prévisions, les stocks céréaliers mondiaux devraient tomber à leur plus bas niveau depuis trente ans, soit un niveau d’utilisation de 18,7 % ou quelque 66 jours de consommation (FAO, 2008).
Dans les pays en développement, l’investissement public et pri- vé dans l’agriculture (notamment dans la production d’aliments de base) a tendance à diminuer en termes relatifs (par exemple, les flux d’aide extérieure à l’agriculture ont baissé sensible- ment, passant de 20 % de l’aide publique au développement au début des années 1980 à 3 % en 2007) (IAASTD, 2008; Banque mondiale, 2008). En conséquence, le rendement des cultures a stagné ou baissé dans la plupart des pays en déve- loppement. La hausse subite des prix et le repli des stocks ont poussé plusieurs pays exportateurs de produits alimentaires à
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