de la volonté d’investir, c’est l’instabilité des flux de recettes qui est en jeu. La volatilité des prix est liée à divers facteurs dans le domaine agricole ainsi que dans d’autres secteurs.
L’adoption de politiques commerciales qui limitent l’accès au marché, accen- tuent l’instabilité des prix des produits de base, subventionnent injustement les exportations des pays développés et gênent la souplesse des cadres de po- litique commerciale des régions en développement, ne peut que nuire à la stabilité et à la sécurité, ainsi qu’à la prospérité économique générale des pays en développement. Sur le plan mondial, un gouvernement sur quatre a dû im- poser des restrictions à l’exportation sous une forme ou une autre en cette pé- riode d’escalade des prix pour assurer la sécurité alimentaire au niveau natio- nal. Les impacts de ces mesures ont varié de la fièvre d’achat à la réduction des superficies cultivées, en raison du coût élevé des intrants et de l’anticipation de faibles niveaux de prix des produits. Ces restrictions ont d’ailleurs favorisé la volatilité des prix des produits alimentaires sur le marché mondial et réduit de ce fait la sécurité alimentaire d’autres pays (FAO, 2008). L’expérience du passé montre que les initiatives visant à accroître la stabilité des prix intérieurs engendrent l’instabilité des cours mondiaux (OCDE, 2008; Banque mondiale, 2008). Qui plus est, une fois que des politiques ont été mises en place pour protéger les marchés alimentaires, il n’est plus facile de les supprimer.
Il convient de noter que les prix alimentaires mondiaux sont déterminés par une petite proportion de produits alimentaires qui sont échangés sur les mar- chés internationaux. La part des céréales échangées dans la production globale demeure faible, mais elle a augmenté légèrement au cours des quatre dernières décennies, passant de 9 % à 13 %. Les fluctuations annuelles de la production céréalière mondiale sont du même ordre de grandeur, allant de +9,8 % à –3,9 % de la production de l’année précédente. Cela signifie que l’approvisionne- ment du marché mondial (à savoir la somme des excédents d’offre des régions respectives) peut être soit réduit d’un tiers, soit doublé. Cependant, la demande sur le marché mondial ne suit pas cette tendance; elle évolue peut-être même dans le sens inverse en cas de mauvaises récoltes. Ces variations annuelles illustrent le risque de déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché ali- mentaire mondial. Pour cette raison, face à l’ouverture croissante des marchés, les pays en développement sont très vulnérables à l’égard des fluctuations de l’offre et des prix alimentaires mondiaux, de sorte qu’il serait souhaitable qu’ils assurent une protection temporaire de leurs marchés agricoles.
Les approvisionnements à partir de stocks alimentaires peuvent contribuer à amortir les effets des pénuries sur le marché mondial (FAO, 2008). Les stocks de céréales et d’huiles végétales sont tombés à des niveaux relati- vement bas par rapport à la consommation, ce qui réduit les possibilités d’amortissement des chocs sur l’offre et la demande. Les dix prochaines an- nées ne devraient pas permettre une reconstitution intégrale des stocks, et il
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