PERTES DE TERRES AGRICOLES DUES À LA DÉGRADATION DES SOLS
A l’échelle mondiale, environ 2 milliards d’hectares de terres agricoles ont subi une dégradation causée par le déboisement et diverses pratiques agricoles inadéquates (Pinstrup-Ander- sen et Pandya-Lorch, 1998). Malgré les améliorations ap- portées à certaines parties de ces terres, les utilisations non viables des sols entraînent des réductions nettes de la pro- ductivité des terres – en moyenne 0,2 % par an. Les effets combinés de la concurrence pour l’occupation des terres au sein de populations toujours croissantes, de la diminution des possibilités de migration et de rotation ainsi que de taux élevés de chargement en bétail conduisent fréquemment au surpâturage et, par conséquent, au recul de la productivité à long terme. Il ressort de certaines évaluations satellitaires que la période 1981–2003 a été marquée par une contraction en termes absolus de la superficie des terres productives (déter- minée par la productivité primaire nette (PPN)) touchant 12 % de la surface émergée de la planète. Les zones affectées abri- tent environ 1 à 1,5 milliard de personnes, soit 15 à 20 % de la population mondiale (Bai et coll., 2007).
RENDEMENTS
La dégradation de l’environnement et la perte de services éco- systémiques ont des effets directs sur les parasites (mauvaises herbes, insectes et pathogènes), l’érosion du sol et l’épuisement des nutriments, ainsi que sur les conditions de croissance (par le biais de phénomènes climatiques et météorologiques) et la
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disponibilité de ressources en eau pour l’irrigation (par le biais d’impacts sur la chute de pluie et les eaux souterraines ou su- perficielles). Ces facteurs peuvent représenter chacun plus de 50 % de la baisse de rendement au cours d’une « mauvaise » année. Des complications résultant des systèmes de gestion
Divers auteurs, dont den Biggelaar et coll. (2004), estiment que sur le plan mondial 20 000 à 50 000 kilomètres carrés de terres se perdent chaque année du fait de la dégradation et notamment de l’érosion des sols, cette perte étant deux à six fois plus élevée en Afrique, en Amérique latine et en Asie qu’en Amérique du Nord et en Europe. Les zones les plus dégradées se trouvent en Afrique subéquatoriale, en Asie du Sud-Est, en Chine méridio- nale, en Australie septentrionale et centrale et dans les pampas d’Amérique du Sud. En Afrique subsaharienne, quelque 950 000 kilomètres carrés de terres seront exposés à une dégrada- tion irréversible si l’épuisement des nutriments se poursuit (He- nao et Baanante, 2006). Dans la plupart des régions d’Asie, les forêts reculent, l’agriculture s’étend progressivement aux terres de faible rendement et la dégradation des sols s’accélère du fait du lessivage des nutriments et de l’érosion des sols. En fait, en- viron 20 % des terres agricoles d’Asie subissent les effets de la dégradation depuis plusieurs décennies (Foley et coll., 2005). Le rythme de dégradation des sols est bien plus rapide dans des zones écologiquement fragiles comme les montagnes.
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