Renforcement de la durabilité par l’utilisation d’ancêtres sauvages des plantes cultivées
Les ancêtres sauvages des plantes cultivées – espèces ou autres taxons plus ou moins apparentés aux cultures, y compris la plupart des espèces parentes de plantes domes- tiquées – ont contribué de manière appréciable à la produc- tion agricole moderne, à travers les caractères qu’ils ont lé- gués aux cultivars.
Au cours des cent dernières années, les espèces sauvages de plantes cultivées sont devenues de plus en plus importantes, comme sources de gènes utiles. Ainsi, elles ont contribué à renforcer la résistance aux parasites et aux maladies (par exemple, résistance au mildiou de la pomme de terre et au ra- bougrissement herbacé du riz, venant d’une seule obtention d’Oryza nivara trouvée dans la province indienne d’Orissa) ainsi qu’à l’agression abiotique. Elles ont aussi une valeur nutritive accrue, grâce à leur teneur en protéines et en vitami- nes. La rentabilité économique d’un investissement dans le développement des ancêtres sauvages des plantes cultivées peut se révéler très intéressante; à titre d’exemple, le matériel génétique d’une espèce sauvage de tomate a permis aux phy- togénéticiens d’accroître de 2,4 % la teneur en solides de di- verses variétés commerciales, ce qui rapporte annuellement 250 millions de dollars aux entreprises de transformation des aliments, rien qu’en Californie (FAO, 1998).
Les populations naturelles de nombreuses espèces sauva- ges de plantes cultivées sont de plus en plus confrontées à des risques liés essentiellement à des facteurs comme la perte, la dégradation ou la fragmentation d’habitats. De plus, l’industrialisation croissante de l’agriculture réduit ces populations au sein et aux alentours des exploitations. Ballottées entre les actions du secteur agricole et celles du secteur environnemental, elles sont souvent oubliées dans les programmes de conservation. Une vaste initiative mon- diale coordonnée par Biodiversity International, financée par le PNUE/FEM et visant à mettre au point des mécanis- mes pour améliorer la conservation des espèces sauvages de plantes cultivées a été lancée dans cinq pays (Arménie, Bolivie, Madagascar, Sri Lanka et Ouzbékistan), en collabo- ration avec un certain nombre d’organismes internationaux (FAO, PNUE-WCMC, UICN et Botanic Gardens Conserva- tion International (BGCI))
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