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La fonte des glaciers : un danger pour la pro- duction alimentaire en Asie et dans le monde

Les cultures irriguées, et principalement la riziculture, dans les bassins des fleuves Indus, Ganges, Brahmaputra, Yangtze, Huang He (fleuve jaune), Tarim, Syr Darya et Amu Darya sont toutes tributaires, à divers degrés, des eaux provenant des gla- ciers et de la fonte des neiges qu’abritent les sommets des mon- tagnes (Winiger et coll., 2005). L’élévation des températures et les variations de la mousson pourraient faire disparaître jusqu’à 80 % de la zone glaciaire avant la fin du siècle (Böhner et Leh- mkuhl, 2005; PNUE, 2007). Peu de données sont disponibles dans cette région, mais des observations faites sur le terrain au Népal montrent que les zones de haute altitude se réchauffent actuellement à un rythme supérieur à la moyenne mondiale et pouvant atteindre 0,03 °C par an (Shrestha, 1999), voire 0,06 °C en très haute altitude (Liu et Chen, 2000; Eriksson et coll., 2008). Divers scénarios donnent à penser que les effets sur les cours d’eau seront très variables, allant d’une augmentation sensible du débit annuel jusqu’à l’horizon 2050, suivie d’une baisse rapide dans le cas de l’Indus, à un déclin progressif du débit, pour des fleuves comme le Brahmaputra. Si les tempéra- tures augmentent rapidement, à un rythme dépassant 0,0 6 °C par an, par exemple, le débit annuel diminuera au fil du temps, notamment pour les cours d’eau alimentés par les écoulements issus des montagnes, à la différence de ceux qui sont tributaires des moussons (PNUE, 2004; 2007). Les terres agricoles irri- guées de ces bassins, qui dépendent le plus des eaux venant de la montagne, couvrent une superficie d’environ 857 830 000 ha (PNUE, 2005; 2008). Si la production moyenne de riz irrigué est estimée à 6 t/ha (dans une fourchette de 2 à 10 tonnes à l’hectare), contre 2 ou 3 tonnes à l’hectare pour la culture non irriguée (soit une moyenne combinée de 3,3 t/ha pour l’Asie), on en déduit que les eaux provenant de la fonte des glaciers de l’Himalaya permettent de produire chaque année plus de 514 millions de tonnes de céréales, représentant près de 55,5 % de la production céréalière de l’Asie et 25 % de la production mon- diale actuelle. Par exemple, l’effet conjugué d’une baisse de 10 à 30 % due à la survenue de nombreux dégâts de crues dans les zones irriguées et d’une diminution de débit résultant d’une sécheresse saisonnière entraînerait une réduction de l’ordre de 1,7 à 5 % de la production céréalière mondiale qui est estimée à 3 milliards de tonnes (à l’horizon 2050), même en supposant qu’il n’y ait pas d’augmentation de rendement pendant cette période (d’autant plus qu’une telle augmentation accroîtrait le volume des pertes).

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