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les projections, la croissance économique mondiale devrait se replier à environ 4 % et s’établir autour de 6 % pour les pays en développement, après 2008 (IFPRI, 2008).

Une part grandissante des exportations agricoles mondiales provient des pays en développement. Elle est passée de 32 % en 2000 à 37 % en 2006, mais avec d’importantes variations régionales. A titre d’exemple, la part de l’Afrique dans les expor- tations mondiales n’a augmenté que de 2,3 à 2,8 % durant cette période (CNUCED,2007). Les pays de l’Union européenne re- présentent la majeure partie de la croissance économique mon- diale; leur part dans les exportations agricoles totales se situe aujourd’hui au-delà de 40 %, alors qu’elle dépassait à peine 20 % au début des années 1960.

Cet accroissement est imputable dans une large mesure aux échanges entre les pays de l’Union, qui représentent envi- ron 30 % du commerce mondial des produits agricoles. Par contre, durant les quatre dernières décennies, les pays en dé- veloppement ont vu leur part dans les exportations mondiales de produits agricoles tomber de presque 40 % à environ 25 % au début des années 1990, avant de remonter pour s’établir aujourd’hui à environ 30 %. Cela contraste avec la croissance constante de la part de ces pays dans les exportations totales de marchandises. Durant la même période, leur part dans les importations agricoles mondiales est passée de moins de 20 % à environ 30 % (FAO, 2005).

Un autre aspect de ces échanges concerne l’acquisition de ter- res à l’étranger à des fins de production alimentaire. Face aux récentes crises alimentaires, un certain nombre de pays se sont mis à acquérir des terres à l’étranger pour des productions agri- coles destinées à satisfaire leur demande intérieure (figure 30). Cette initiative apparaît comme une réponse à long terme au renchérissement des produits de base agricoles et à la demande accrue de certains produits agroforestiers comme l’huile de pal- me. Au nombre des pays qui s’emploient activement à trouver des terres agricoles à l’étranger sous forme d’acquisitions, de baux à ferme ou de concessions figurent l’Arabie saoudite, la Chine, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, l’Inde et le Japon; divers autres pays ont simplement amorcé des négocia- tions pour les années à venir. L’ensemble des terres agricoles ainsi obtenues à l’étranger était estimé à 5,7 millions d’hectares à la fin de 2008, soit 0,4 % de la superficie totale des terres arables disponibles dans le monde.

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ACCROÎTRE LA PRODUCTION ALIMENTAIRE

Une autre option possible pour faire face à la demande alimen- taire consiste à assurer la production au sein même du pays ou de la région, en cherchant à réaliser l’autosuffisance alimen- taire et à réduire la dépendance à l’égard d’autres régions. Les estimations actuelles des variations de la demande montrent qu’un niveau de production plus élevé s’impose dans les pays à fort taux de croissance économique ou démographique (voir le chapitre 2). Ces zones se retrouveront en majorité dans les éco- nomies émergentes d’Afrique et d’Asie. Aujourd’hui, l’Afrique est très largement tributaire des importations d’aliments. La production alimentaire est en perte de vitesse dans cette région du fait de la faiblesse de l’investissement dans la recherche, que viennent aggraver les difficultés éprouvées par les agriculteurs pour l’utilisation d’intrants appropriés dans leurs exportations.

INVESTIR DANS LA RECHERCHE

Il existe des différences criardes entre les diverses régions du monde en ce qui concerne la capacité de mettre la science au ser- vice de la productivité agricole pour parvenir à réaliser la sécurité alimentaire et faire reculer la pauvreté et la faim. Sur un montant de 100 dollars investi dans les intrants agricoles, les pays dévelop- pés consacrent 2,16 $ à la recherche-développement agricole pu- blique, contre 0,55 $ seulement pour les pays en développement (IFPRI, 2008). Les dépenses totales des pays en développement dans ce domaine sont passées de 3,7 milliards de dollars en 1991 à 4,4 milliards en 2000, soit un taux d’augmentation annuel de 1,6 % (IFPRI, 2008). Cet accroissement est imputable en ma- jeure partie à l’Asie, où les dépenses annuelles ont grimpé de 3,3 %. Aujourd’hui, l’Asie fournit 42 % de l’ensemble des dépenses consacrées à la recherche-développement agricole dans les pays en développement (les parts de la Chine et de l’Inde représentant 18 % et 10 %, respectivement). En Afrique, les dépenses effec- tuées dans ce domaine ont subi une légère baisse de l’ordre de 0,4 % par an. La part de l’Amérique latine est de 33 % (le Brésil représentant 48 % des dépenses totales de la région).

La productivité agricole est en hausse dans nombre de pays en développement, grâce notamment à la conjonction de l’investis- sement dans la recherche-développement et de l’amélioration du capital humain et des infrastructures rurales. En Asie de l’Est, la productivité des terres est passée de 1 485 $/ha en 1992 à 2 129 $/ha en 2006, pendant que la productivité du travail passait de

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