ALIMENTATION D’ORIGINE HALIEUTIQUE OU AQUICOLE
L’aquiculture et les pêches dulçaquicoles et maritimes fournis- sent environ 10 % de l’apport calorique chez l’homme – mais ce niveau est susceptible de baisser ou tout au plus de se stabi- liser dans le futur, et pourrait avoir déjà atteint sa valeur maxi- male. Aujourd’hui, les pêches maritimes produisent annuelle- ment 110 à 130 millions de tonnes de poissons et fruits de mer, dont 70 millions sont consommées directement par l’homme, 30 millions rejetées en mer et 30 millions transformées en farine de poisson.
Les ressources halieutiques mondiales ont subi à partir des an- nées 1980 une baisse constante dont l’ampleur a été masquée par l’extension progressive des activités de pêche en haute mer et dans des zones plus profondes (figure 10) (PNUE, 2008). Plus de 50 % des prises sont réalisées sur une superficie totale couvrant 7 % des océans du monde, notamment dans des zones qui se carac- térisent par une altération accrue des habitats due au chalutage de fond, la pollution et l’apparition de zones mortes, la prolifération d’espèces envahissantes et la vulnérabilité aux changements cli- matiques (PNUE, 2008). L’eutrophisation causée par des apports
excessifs de phosphore et d’azote provenant des égouts et du ruis- sellement des terres cultivées fait peser une lourde menace sur les ressources halieutiques des milieux d’eau douce et des régions côtières (Anderson et coll., 2008; PNUE, 2008). Certaines de ces zones côtières périodiquement dépourvues d’oxygène, qui sont ainsi dites « mortes », abritent souvent à la fois un phénomène étendu de ruissellement de terres agricoles et d’intenses activi- tés de pêche commerciale et artisanale. Les effets conjugués de l’eutrophisation et de pratiques de pêche non viables entraînent la diminution ou l’épuisement de ces ressources alimentaires, comme on le constate dans le Golfe du Mexique, les zones littora- les de la Chine, le Pacifique du Nord-Ouest et certaines parties de l’Atlantique, pour ne citer que ces quelques cas.
Les projections actuelles concernant l’aquiculture donnent à pen- ser que la croissance observée durant la période écoulée pourrait ne pas se maintenir dans le futur à cause de la disponibilité limi- tée d’espèces sauvages de poisson marin pour la production d’ali- ments destinés à l’aquiculture (FAO, 2008). Les petits poissons pélagiques constituent 37 % de l’ensemble des débarquements de
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