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pratiquées en Afrique; elles pourraient faire baisser les rende- ments d’environ 50 % dans l’ensemble des pays en développe- ment (Oerke et coll.,1994).

Fait important, toute augmentation des phénomènes climati- ques extrêmes serait de nature à favoriser la propagation d’es- pèces envahissantes, de maladies végétales et de ravageurs (Alig et coll., 2004; Anderson et coll., 2004; Gan, 2004; FAO, 2008).

Les crises alimentaires mondiales actuelles et futures pourraient aussi favoriser la propaga- tion d’espèces envahissantes

La propagation d’espèces envahissantes survient souvent lors de la fourniture d’aide alimentaire d’urgence dans le cadre de l’assistance humanitaire. Les normes appliquées en matière d’aide alimentaire ne sont pas très rigoureuses, notamment en ce qui concerne l’aide alimentaire d’urgence. Par conséquent, il ne serait pas surprenant que des opérations de secours d’ur- gence donnent lieu à l’introduction et la propagation d’espè- ces potentiellement envahissantes. A titre d’exemple :

On pense en effet que la maladie foliaire appelée tâche grise (Circosporda zeae-maydis) a été introduite en Afrique par le biais de cargaisons de maïs expédiées à titre d’aide alimen- taire à partir des Etats-Unis dans les années 1980 (Ward et coll., 1999). L’agent pathogène se serait propagé par la suite dans toutes les grandes zones de culture du maïs en Afrique; ses effets ont atteint des proportions telles qu’il est désor- mais perçu comme une grave menace pour la sécurité ali- mentaire (Rangi, 2004).

Le guayule (Parthenium hysterophorus) est une plante her- bacée originaire du Mexique, qui est arrivée en Afrique par le biais de cargaisons de céréales expédiées dans le cadre de la lutte contre la faim en Ethiopie, où elle a été baptisée d’un nom qui, dans la langue locale, signifie littéralement « zéro culture » (Chenje et Katerere, 2006).

Par conséquent, la prolifération des ravageurs, des mauvaises herbes et des zoonoses à travers les frontières physiques et politiques met en péril la sécurité alimentaire et représente un « fléau » public qui unit tous les pays et toutes les régions.

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A titre d’exemple, il existe des données montrant clairement que le changement climatique modifie la répartition, l’incidence et l’intensité des attaques de parasites des plantes et des animaux, ainsi que de maladies comme la fièvre catarrhale du mouton, qui se déplace progressivement vers les zones tempérées d’Europe du Nord (van Wuijckhuise et coll., 2006; FAO, 2008). Selon la FAO (2008), les scénarios climatiques comportant une surabondance de pluies hivernales dans le Sahel pourraient créer des condi- tions très propices à la reproduction pour les phytoravageurs mi- grateurs comme le criquet pèlerin (Schistocerca gregaria), qui sont entièrement tributaires de la pluie, de la température et de la végétation pour leurs déplacements, ce qui aurait des consé- quences catastrophiques sur la production agropastorale.

Directement tributaires des services écosystémiques, les groupes humains comme les petits exploitants agricoles et les paysans, les pauvres des zones rurales et les collectivités traditionnelles sont exposés à un danger grave et imminent lié aux espèces exotiques envahissantes. Ces personnes comptent sur le filet de protection qu’offrent les écosystèmes naturels en ce qui concerne la sécu- rité alimentaire, l’accès durable aux combustibles, aux produits médicinaux et aux matériaux de construction, ainsi que l’abri contre des risques naturels comme les tempêtes et les inonda- tions (EM, 2005). Le nombre d’espèces exotiques envahissantes présentes dans les écosystèmes terrestres étant censé s’accroître, il est probable que les impacts s’accentueront et entraveront les initiatives visant à satisfaire la demande croissante d’aliments (FAO, 2008). Ces impacts risqueront aussi d’être exacerbés par le changement climatique (Pyke et coll., 2008).

On estime que les espèces exotiques envahissantes de mauvai- ses herbes et de pathogènes sont respectivement responsables de 8,5 % et 7,5 % des baisses de rendement, soit 24 milliards et 21 milliards de dollars sur une valeur totale des cultures équivalant à 267 milliards de dollars (USBC, 2001; Pimentel et coll., 2004; Rossman, 2009). Différentes estimations situent les pertes annuelles entre 1,1 et 55 milliards de dollars, ce qui correspond à une fourchette de 0,4 % (OTA, 1993) à 17 % (Pi- mentel et coll., 2004; 2005; Rossman, 2009). Ces chiffres ne prennent pas en compte les surcoûts occasionnés par le sur- croît de désherbage mécanique ou chimique, les dégâts d’insec- tes envahissants ou les maladies du bétail.

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