et Calderon-Aguilera, 2000). Il existe de nombreux exemples bien étayés dans lesquels la dérivation d’eau à des fins agricoles a causé la dégradation et le rétrécissement de plans d’eau inté- rieurs (cas de la mer Aral), ce qui a non seulement perturbé le frai et la migration des poissons, mais aussi entraîné l’effon- drement de l’industrie halieutique et la disparition de certaines espèces dans les zones touchées (EM, 2005).
Dans les scénarios actuels construits sur la base de la Convention sur la diversité biologique, toutes les régions du monde conti- nueront de subir des pertes de biodiversité. Les niveaux les plus élevés seront enregistrés dans les régions Afrique et Amérique latine et Caraïbes, dans cet ordre, à cause des effets conjugués des modifications de l’utilisation des terres (notamment l’exten-
sion des pâturages et de la production de combustibles) et de la dégradation accrue des sols (voir l’encadré). Les projections indiquent qu’en Afrique des zones entières verront l’abondance moyenne des espèces diminuer de plus de 25 % d’ici à 2050 (PNUE, 2007). Selon l’Unité des études prospectives globales de la FAO (2008), 228 millions d’hectares de terres arables sont utilisés actuellement en Afrique subsaharienne. Cette superficie peut potentiellement être portée à plus de 1 milliard d’hectares de terres adaptées à l’agriculture pluviale en Afrique d’ici à 2030. De la même façon, des scénarios analogues tendent à montrer qu’en Amérique latine les 208 millions d’hectares actuellement en culture seront portés à plus de 1 milliard d’hectares d’ici à 2030, et ce, aux dépens des écosystèmes naturels. Ces expan- sions auront de très graves conséquences pour la biodiversité.
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