processus et d’interactions complexes. Les estimations propo- sées sont des fourchettes probables fondées sur des projections actuelles du degré de dégradation de l’environnement.
La FAO a fait une estimation des augmentations de superfi- cie cultivable et de rendement nécessaires pour satisfaire la demande alimentaire future, sans prendre dûment en consi-
dération l’effet de la dégradation environnementale et de la diminution des services écosystémiques. Ainsi, les éléments fournis ci-après donnent une idée des pertes probables de pro- duits alimentaires (et des compensations requises) du fait de la dégradation environnementale, pour aider d’autres organismes de l’ONU à mieux évaluer la demande et la production dans un contexte mondial en mutation.
DIMINUTION DES SUPERFICIES CULTIVABLES
Il y a eu dans le monde entier une tendance croissante à conver- tir les terres cultivées à d’autres utilisations du fait de l’expan- sion de l’urbanisation, de l’industrialisation, de la demande d’énergie et de la croissance démographique. A titre d’exemple, la Chine a perdu plus de 14,5 millions d’hectares de terres ara- bles entre 1979 et 1995 (ICIMOD, 2008).
Les projections actuelles indiquent qu’il faudra une superficie supplémentaire de 120 millions d’hectares – soit le double de la superficie de la France et le tiers de celle de l’Inde – pour pouvoir faire face à l’accroissement normal de la production alimentaire d’ici à 2030, principalement dans les pays en déve- loppement (FAO, 2003), sans compter la compensation requise pour certaines pertes. La demande de terres irriguées augmen- tera de 56 % en Afrique subsaharienne (pour passer de 4,5 à 7 millions d’hectares) et les zones d’agriculture pluviale devront augmenter de 40 % (passant de 150 à 210 millions d’hectares) pour satisfaire la demande, sans compter la perte de services écosystémiques et le recul des rendements et des superficies cultivables (FAO, 2003; 2006). Il sera probablement possible d’accroître les disponibilités en terres arables en Amérique la- tine grâce à la conversion des forêts ombrophiles (figure 13) qui, à son tour, accélérerait le changement climatique et les pertes de ressources biologiques, créant ainsi des boucles de rétroac- tion qui pourraient entraver les augmentations de rendement projetées. La possibilité d’accroître les superficies cultivables est moins probable dans certaines sous-régions de l’Afrique sub- saharienne, du fait de contraintes d’ordre politique, socio-éco- nomique et environnemental. En Asie, près de 95 % des terres arables potentielles sont déjà en cours d’utilisation (FAO, 2003; 2006). Même si de telles augmentations n’étaient pas limitées par d’autres utilisations des terres et par des mesures de protec- tion des forêts ombrophiles tropicales, les variations du rapport
entre les cultures non alimentaires et les cultures alimentaires pourraient avoir une incidence encore plus forte sur la disponi- bilité de terres arables destinées à la production alimentaire.
Superficie (en millions d’hectares) Afrique
1000 industrialisés Pays 800 600 400 200 0
Terres arables
Terres adaptées à la culture pluviale
Figure 13. Potentiel d’expansion des terres arables (FAO), sans considération de questions liées à la conservation, aux ressources en eau et à d’autres problèmes environnementaux. (source : FAO, 2003).
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économie en transition
Pays à Asie de l’Est Asie du Sud
Proche- Orient et Afrique du Nord
subsaharienne
Amérique latine et Caraïbes
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