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me recontacte pour un nouveau poste, celui de Directeur Logistique de Sys- tème U Ouest, mais avec une organisa- tion fonctionnelle à laquelle je ne crois pas. Je décline de nouveau la proposi- tion. Et la troisième fois est la bonne. Je deviens en 2002 Directeur Logis- tique Système U Ouest, basé au siège, à Nantes.


J-M.A. : Que vous apportent ces nouvelles responsabilités ? R.L.C. : Le gain a été énorme pour moi. En terme de périmètre d’abord : à ma nomination, il y avait sept entrepôts, de 40.000 m2


(produits frais) ; à présent, on a 11 entre- pôts, de 50.000 m2 25.000 m2


prégner de la culture d’entreprise, du processus décisionnel de la société.


(produits secs) et 20.000 m2 (produits secs) et


(produits frais), soit 2.200 per- sonnes. J’arrivais dans un monde d’en- trepreneurs, avec comme ligne direc- trice et de conduite, le retour sur inves- tissement (ROI) rapide, et j’avais tout pouvoir pour proposer à ces indépen- dants d’améliorer le service ou le coût via la centrale. J’avais la responsabilité aussi bien de la construction des bâti- ments, de l’achat transport, que du choix des prestataires ou encore des recrute- ments. Je jouissais d’une grande liberté d’action. Comme chez Hays, j’ai eu l’opportunité de mélanger, d’enrichir mutuellement des profils très différents, des autodidactes comme moi, remplis de bonne volonté et ayant le souci de bien faire et des têtes bien faites, techniques (logisticien, informatique) et métho- diques, mais inexpérimentés en termes métier. Tout l’intérêt, c’était de créer cette mayonnaise. Tous les Responsables de site me reportaient en direct, ainsi que le Directeur des méthodes, des services généraux, du transport... etc. Et moi, je reportais directement au Directeur Général, Alain Rocquefelte, qui avait occupé lui aussi le poste de Directeur Logistique. Le scope de mes responsabi- lités a évolué avec le temps et j’ai obtenu, trois ans plus tard, la gestion de tout l’approvisionnement, de toutes les relations fournisseurs (soit 4 Md€ d’achats par an), du service client en devenant Directeur Supply Chain. Cela a été une création de fonction à propre- ment parler. Puis je suis devenu Direc- teur des Opérations, en intégrant les directions Supply Chain et Commerciale. C’était en 2010. La linéarité de cette évo-


lution était assez manifeste d’une prépa- ration programmée de la prise de fonc- tion de la Direction Générale.


J-M.A. : Avez-vous suivi une formation spécifique pour vous préparer à une fonction de Direction Générale ? Vous a-t-elle été utile ? R.L.C. : J’ai fait un certain nombre de stages ou de formations complémen- taires. Juste avant de prendre mes fonctions de Directeur Général, j’ai suivi une formation pour futurs diri- geants à HEC. Sur deux ans, on appré- hende toutes les fonctions auxquelles un directeur général est confronté : droit, RH, management, finances... Les autodidactes comme moi sont tous un peu fous : on prend une opportunité qui se présente à un moment de notre vie puis on réussit. Malgré cela, mal- gré cette preuve de réussite, on pense tous les matins qu’on a plein de carences et pas de capacité. Ce qui peut se révéler pour certains comme un complexe. Ces carences, on essaie de les combler par une connaissance encore plus approfondie du métier. Alors oui, ces formations vous sont utiles et vous rassurent sur vos capaci- tés réelles, acquises ou à approfondir. Chez Système U Ouest, la formation continue est primordiale et la société adopte toujours un budget conséquent à ce poste. Au delà de cette formation, l’enjeu pour moi était de bien m’im-


J-M.A. : Quelles ont été les qualités mises à contribution avant de devenir Directeur Général ? R.L.C. : Quand j’ai commencé, on par- tait du principe que les gens devaient produire et être créatifs. On avait le droit à l’erreur, dans une certaine mesure, tout en subissant un niveau d’exigence très fort, voire plus fort qu’aujourd’hui. Comme dit Serge Papin, PDG du groupement coopératif Sys- tème U, il faut qu’il y ait de la « bien- veillance », cette capacité de dire qu’à chaque fois que quelqu’un fait quelque chose pour l’entreprise, celle-ci doit lui apprendre quelque chose en retour. Il faut être humble et avoir une certaine hargne : l’autodidacte est un peu com- plexé par nature ! J’ai eu un temps ce petit complexe de me dire que, n’ayant pas de diplôme car parti de l’école trop tôt, je devais donner trois fois plus que les diplômés ! Cette hargne s’est expri- mée à travers ma motivation et mon envie qui m’ont mené jusqu’ici !


J-M.A. : Comment avez-vous appré- hendé votre prise de fonction de Direc- tion Générale ? Et quelle a été votre empreinte sur votre poste actuel ? R.L.C. : Bien. Le passage de témoin entre Alain Rocquefelte et moi-même s’est fait très sereinement car nous l’avions bien préparé pendant deux ans. On a tenu compte aussi de l’organisa- tion même de Système U Ouest : sachant que sur 2.700 personnes, 2.000 travaillent à la logistique, un « logisti- cien » à la tête de la société était un gage de continuité, de réassurance et de cohérence pour la société. Dans le cadre de ma fonction, je manage de hauts profils comme DRH, DAF, Directeur Supply Chain, Directeur Commercial, Directeur du Développement... Comme je le faisais dans mes expériences pas- sées : animer intelligemment, essayer de prendre du plaisir ensemble, tout en s’enrichissant mutuellement. J’anime maintenant le Comité de Direction de façon hebdomadaire ; et une fois par an, voire tous les six mois, la ligne straté- gique à trois ans est adaptée pour être mise en œuvre ensuite... Très exigeant sur la capacité à mettre rapidement à


JUILLET-AOÛT 2014 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°86 61


©SYSTÈME U


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