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MANAGEMENT


gestion de la massification et appren- tissage de la gestion du « magasin indépendant ». C’était la première fois que je devais composer avec un regrou- pement d’indépendants souhaitant mettre des outils en commun. J’ai donc travaillé avec cette obligation d’essayer de fédérer autour de déci- sions visant l’intérêt du plus grand nombre. La gestion des équipes se fai- sait beaucoup au ressenti à l’époque, par l’exemplarité (temps de présence long, briefing, disponibilité en fonc- tion de la modulation de la charge, etc.), par la proximité.


J-M.A. : Nouveau changement : vous intégrez le monde de la prestation logistique. Comment cela se passe-t-il ? R.L.C. : Je reste effectivement un peu moins de deux ans chez Intermarché et choisis de revenir dans l’Ouest, princi- palement pour des raisons familiales. J’intègre alors Fril, un prestataire logis- tique, comme Responsable entrepôt à Vallet, qui, par le biais du jeu de rachats, va devenir une des plus belles entreprises du secteur, plus connue sous le nom de Hays (Kuehne+Nagel aujourd’hui). Je vais y travailler pen- dant 11 ans et y faire la deuxième ren- contre importante de ma carrière : celle de Guy Mimaud. Avec cet homme, c’est le plaisir de l’engagement, du tra- vail fédéré, de l’indépendance (une cul- ture de l’entrepreneuriat très forte) dans un contexte de marché favorable, en constante progression : externalisa- tion de la logistique des industriels, demande similaire de la grande distri- bution, etc. Bref, on ouvrait un entre- pôt tous les six mois. C’était une période enthousiasmante et en même temps stressante, nos « 30 Glorieuses », propices au développement des acteurs de la prestation de services. Quand je suis entré chez Fril en 1991, la société comptait 360 salariés ; 11 ans plus tard, elle employait plus de 6.000 personnes, simplement en France. J’y ai beaucoup appris sur le management, du fait de notre stratégie de croissance externe avec la reprise de personnel (travaillant chez les industriels et chez les trans- porteurs), en « L 122 - 12 ». C’était le démarrage également de réflexions poussées sur les processus, sur la pro- ductivité... On était devenu les indus-


triels de la prestation de service ! Mon évolution a été rapide : un an après mon arrivée, j’ai ouvert une plate- forme à Wissous, en région parisienne (qui comptait plus de 250 personnes), en tant que Directeur de site multi- clients. J’avais sous ma responsabilité les Responsables d’entrepôt, Directeurs clients... Ce qui changeait avec ce poste, c’était la prise en considération très importante de la dimension sociale avec le Comité d’Entreprise (CE), le Comité d’Hygiène et de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) et les syndicats, mais également la dimen- sion comptable, puisque j’étais respon- sable d’un compte d’exploitation et de l’équilibre des comptes entre les ventes et les achats. Le suivi et le contrôle de gestion n’étaient pas aussi développés et structurés qu’aujourd’hui, mais on savait compter ! D’ailleurs, ceux qui ne savaient pas ne restaient pas long- temps dans ces métiers...


J-M.A. : Comment évolue votre carrière au sein de Hays ? R.L.C. : Plutôt bien ! Je reste à Wissous pendant deux ans avant d’être nommé à Paris comme Directeur Technique en charge de l’ouverture des nouveaux sites : ma grande expérience en reprise de personnel a été un des critères déterminants pour cette nouvelle affec- tation. J’avais également la compé- tence de bien analyser le besoin client,


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de voir ce qu’il avait et non pas ce qu’il souhaitait. J’avais également fait preuve, de par mes expériences pas- sées, de ma capacité à manager des équipes, à les fédérer autour de projets très prenants mais toujours intéres- sants. En retour, je m’alimentais dans cette entreprise de façon formidable car j’étais entouré de jeunes ingénieurs à la tête bien faite, très structurés, qui n’avaient pas la connaissance et l’ex- périence du métier mais qui avaient les méthodes. Mon objectif était de mélan- ger l’ensemble de ces profils, diplômés mais inexpérimentés, autodidactes mais expérimentés, au service de nos clients. Parallèlement, dans cette nou- velle fonction, j’appréhendais également la dimension des systèmes d’infor- mation en pleine expansion dans nos métiers de prestation. Nous nous repo- sions alors sur notre propre service informatique, appelé DSIA, qui équi- pait nos sites de l’ERP Logistar, très répandu à l’époque chez nos gros clients de la grande distribution.


J-M.A. : 2002 marque un tournant dans votre parcours : vous revenez dans la grande distribution. R.L.C. : Oui, au bout de 11 ans chez Hays, j’étais devenu Directeur Métiers France en charge des méthodes, de l’informatique et de l’organisation, tout en étant Responsable comptes-clé pour un certain nombre de gros clients industriels en France. Mais je com- mençais à ne plus vraiment apprendre, dans une société qui croissait très vite, et surtout, ma famille était restée dans l’Ouest. J’ai donc décidé de revenir sur Nantes pour ces deux raisons. L’oppor- tunité de changement est venue assez curieusement en trois étapes, avec un homme : Alain Rocquefelte, qui était Directeur Général de Système U Ouest. Une annonce a été émise par cette société, à laquelle j’avais répondu un soir, sans trop d’investissement, pour un poste de Directeur de Site sur la région de Nantes. Ma candidature rete- nue, je rencontre Alain Rocquefelte et de suite, nous nous sommes bien entendus. Chaleur humaine, franchise dans le discours, le courant est passé. Je refuse toutefois le poste car il ne m’apporte pas grand chose de nou- veau. Un an après, Alain Rocquefelte


©SYSTÈME U


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