ENQUÊTE Pièces de rechange
même rares, par mois. Dans l’aéronau- tique, les ordres de grandeur ne sont pas les mêmes, EADS ne fabrique « que » 42 Airbus A320 par mois. »
Une problématique vaste et complexe
On serait tenté de dire que la pièce détachée, ce n’est pas une probléma- tique mais des problématiques tant les contraintes sont nombreuses et le sujet, vaste. Les prestataires sont de plus en plus sollicités. « La pièce de rechange est un élément de service stratégique. Il peut avoir un impact fort sur le bilan. Un niveau de stock est déterminé par une consommation, un délai et un niveau de service », résume Patrick Jeanroy, Directeur Logistique et Service chez Daher Aéronautique. Pour Olivier Jean-Baptiste, Directeur d’XP LOG, logisticien spécialisé dans l’automobile, la complexité réside dans l’extrême variété des références : « Cela va du boulon au châssis, de la carrosserie au consommable… Nous stockons même des motos complètes ». La faible rota- tion des pièces est un autre problème majeur, source de stocks morts et d’ob- solescence. « Chez un fabricant de machines agricoles, nous avons réduit
les stocks de 30 % en deux ans, avec un impact significatif sur les stocks dor- mants. Pour ce client, une pièce comman- dée quatre fois par an était considérée comme ayant une forte demande », témoigne Thierry Bur (Cereza). « Une mauvaise décision sur le calcul des stocks peut amener à un taux d’obso- lescence faramineux qui peut coûter des millions d’euros », souligne un logisticien spécialisé dans la pièce de rechange pour les engins de chantier et l’automobile. Le problème ? « Il faut maintenir les équi- pements jusqu’au dernier jour, mais le jour où leur exploitation s’arrête, tout le stock de
pièces de rechange devient obsolète », rappelle Laurent Perea (Capgemini). Une difficulté également rencontrée dans la haute technologie, comme nous l’explique Frédéric Doutriaux SLM Strategic Accounts, PTC : « Les fabricants achètent des pièces pour les trois ans à venir et doivent prévoir « le last time buy », donc acheter un stock de pièces une dernière fois à la fin de la vie des composants pour prévoir la maintenance et les réparations tout le long du cycle de service du produit final ». Sans compter que les références dans le high tech changent à une vitesse folle. Pour Patrick Brzezinski
Demain, l’impression 3D
S’il est bien une innovation qui pourrait bouleverser en pro- fondeur le monde de la pièce de rechange, c’est l’impression 3D. « L’additive manufacturing est l’innovation de rupture qui va probablement transformer radicalement la Supply Chain des pièces de rechange dans les 10 prochaines années », estime Laurent Perea, Principal chez Capgemini Consulting. En effet, en phase de fin de vie d’un produit, il est difficile de maîtriser les sources d’approvisionnement, les fournisseurs de rang 2 ayant parfois disparu et les outils de production n’étant plus en état de fonctionne- ment. Les remettre en marche coûte d’autant plus cher que les fournis- seurs ont alors tendance à facturer les batchs de test et à exiger des quantités minimum bien au-delà des besoins des clients à l’instant T. Compte-tenu du faible volume et de la grande erraticité des commandes, la fin de vie est la phase la plus pro- blématique. Dès lors, comment ne pas songer sérieusement à l’impres- sion 3D ? « Il s’agit de pouvoir pro-
40 N°86 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - JUILLET-AOÛT 2014
duire les pièces à la demande, durablement et en s’affran- chissant des contraintes de maintien de l’outil de produc- tion, poursuit Laurent Perea. C’est par le sujet de la pièce détachée que l’impression 3D va percer, car cela répond à la question de la disponibilité : avoir la pièce au bon endroit et au bon moment, et à la question du maintien des capacités de production dans le temps. Quand cela va-t-il arriver ? C’est déjà une réalité mais on le verra de manière significative dans quelques années. Cette technologie a d’autre part une capacité à réduire le transport, donc l’engorgement dans les grandes métropoles. L’un des grands sujets est le rôle du distributeur, devient-il imprimeur, one stop shop ? » Atten- dez-vous donc à voir naître très bientôt des prestataires spéciali- sés dans l’impression 3D, prêts à reproduire à la demande, près des grands centres de consommation, toute une variété d’objets avec un outil de production industriel et performant. ■ PM
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