This page contains a Flash digital edition of a book.
L’ESSENTIEL Bêtisier.


errière cette tirade, signature de sketchs télévisés, se cache aussi la complainte du planificateur. Ce dernier n’aime pas être surpris, la surprise étant l’anti- thèse de la prévision. Il se croit pris en défaut, est vexé de n’avoir pu préve- nir le risque inhérent à toute activité, à défaut d’avoir pu prévoir l’imprévisible… De plus en plus souvent, la maturité des Supply Chains se développant (merci à notre magazine préféré) et les systèmes devenant de plus en plus experts (merci aux éditeurs), on entend dire que la gestion des produits stables est automatisée et qu’il suffit de passer du temps sur les exceptions, identifiées elles-aussi par nos fameux systèmes. Plus besoin d’établir les prévisions (juste les valider quand même ?), de réajuster les paramètres de stock, etc. Vraiment ? Fort bien, mais quelles sont-elles ces exceptions, comment les définit-on ? Il y a les références qui sortent des tolérances de variation prédéfinies à +/- X% ; il y a les produits dits « critiques », sur lesquels il ne faut pas se planter ; ceux qui sont en fin de vie (à cause du risque d’obsolescence) ou en phase de lancement (à cause des risques de pénurie), ceux sur lesquels on est déjà en rupture, etc. Bref, tous ceux qui connaissent un des aléas du cycle de vie d’un produit.


« On ne nous dit pas tout ! » D


Le planificateur qui veille en tout Supply Chain Manager est à l’affut de ces événements, certains étant aléatoires, d’au- tres devant être pistés à l’intérieur des organisations : auprès des Commerciaux pour les « deals » (souvent gros et donc per- turbateurs) en cours de négociation avec des clients, auprès du Marketing (qui prépare une promo en grand secret pour sur- prendre tout le monde… y compris usines et fournisseurs, pour éviter les fuites), auprès de la R&D, dont le dernier programme prend un peu de retard (ce qui peut bien entendu bouleverser le plan de transition – mais n’affolons pas la Direction tant que le retard n’est pas irrattrapable), auprès de l’Engineering, qui impose un changement technique d’ur- gence (bien que connu depuis des semaines), des Achats qui sentaient bien que le fournisseur était en limite de capacité mais espéraient que ça s’arrangerait (à quoi bon prévenir dans ce cas), etc.


Bref, notre planificateur doit deviner les petits secrets des uns et des autres, inter- préter les non-dits, se rendre compte quand on essaye de l’enfumer, essayer de cap- ter des signaux faibles dans l’organisation, recouper de l’information, déployer ses antennes tel un détecteur de sous-marins au milieu de l’océan. On est bien loin du pousse-palettes magnifié en Supply chain Manager par la mode des nouveaux voca- bles anglo-saxons…


Derrière ces situations, parfois aggravées par l’éloignement physique, se cache un enjeu essentiel : l’intégration du cycle de vie des produits (le fameux PLCM) avec la Supply Chain. Par ignorance et/ou indifférence, les concepteurs et les « marketeurs nouveaux produits » connaissent souvent moins les contraintes de la Supply Chain que leurs confrères en charge des produits existants : ils ne vivent pas à la même échelle de temps, ont rarement les mêmes références culturelles (d’entreprise, s’en- tend). Et les SCM qui voudraient étendre leurs principes en amont se font souvent envoyer promener. On aborde là un vaste sujet qui fera l’objet du prochain Bêtisier. A suivre, donc !


Réagissez


à cette rubrique, partagez


vos impressions en écrivant à


herve.galon@orange.fr Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous connu de telles situations ?


NB : Le Bêtisier du mois dernier était un exercice de style, sans XL. Il est à peu près aussi contraignant d’éviter tout mot anglais ou toute abréviation. Je m’y essayerai une prochaine fois, ayez l’œil !


26 N°73 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - AVRIL 2013


©SCMAGAZINE


©ALPHASPRINT-FOTOLIA


Page 1  |  Page 2  |  Page 3  |  Page 4  |  Page 5  |  Page 6  |  Page 7  |  Page 8  |  Page 9  |  Page 10  |  Page 11  |  Page 12  |  Page 13  |  Page 14  |  Page 15  |  Page 16  |  Page 17  |  Page 18  |  Page 19  |  Page 20  |  Page 21  |  Page 22  |  Page 23  |  Page 24  |  Page 25  |  Page 26  |  Page 27  |  Page 28  |  Page 29  |  Page 30  |  Page 31  |  Page 32  |  Page 33  |  Page 34  |  Page 35  |  Page 36  |  Page 37  |  Page 38  |  Page 39  |  Page 40  |  Page 41  |  Page 42  |  Page 43  |  Page 44  |  Page 45  |  Page 46  |  Page 47  |  Page 48  |  Page 49  |  Page 50  |  Page 51  |  Page 52  |  Page 53  |  Page 54  |  Page 55  |  Page 56  |  Page 57  |  Page 58  |  Page 59  |  Page 60  |  Page 61  |  Page 62  |  Page 63  |  Page 64  |  Page 65  |  Page 66  |  Page 67  |  Page 68  |  Page 69  |  Page 70  |  Page 71  |  Page 72  |  Page 73  |  Page 74  |  Page 75  |  Page 76  |  Page 77  |  Page 78  |  Page 79  |  Page 80  |  Page 81  |  Page 82  |  Page 83  |  Page 84  |  Page 85  |  Page 86  |  Page 87  |  Page 88