sente 10% du prix du chocolat acheté par le consommateur », rappelle Jean- Marc Anga.
Les producteurs commencent à s’organiser
L
a Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Indonésie ont produit à eux trois 70% des 4,25 millions de tonnes de cacao fabriquées d’octobre 2010 à septembre
2011. Pas moins de 6,6 millions de petites exploitations agricoles, parfois regroupées en coopératives, récoltent les cabosses du cacaoyer, réalisent l’éca- bossage, la fermentation et le séchage des fèves de cacao. Une exploitation familiale génère un revenu annuel de 1.500 à 2.300 € face à un marché en 2010 qui a représenté 79,4 Md$ de chif- fre d’affaires.
Comme l’a souligné Dr. Jean-Marc Anga, Directeur exécutif de l’International Cocoa Organization (ICCO) lors du salon professionnel du chocolat qui s’est tenu à Paris en octobre 2011, le tiercé dans l’ordre de la transformation du cacao (concassage, torréfaction, broyage) est tout autre : Pays-Bas (14 %), Allemagne (11 %) et Etats-Unis (10 %). 3,8 millions de tonnes de cacao ont été broyées l’an- née dernière dont 41 % en Europe et en Russie, 22 % en Amérique, 20 % en Asie-Océanie et 17 % en Afrique. Les grands groupes américains ADM et Car- gill et le Suisse Barry Callebaut trans- forment 40 % du cacao mondial. Abdelaziz Mounde, Office national du cacao et du café (ONCC) du Cameroun, cinquième pays producteur mondial, confirme : « ADM importe des fèves camerounaises, tandis que Cacao Barry dispose de filiales locales pour la trans- formation, c’est-à-dire le broyage et l’usinage qui permet d’obtenir de la pâte, du beurre et de la poudre de cacao. » L’ONCC informe les producteurs sur les prix. En effet, le prix du cacao est coté sur les marchés boursiers et s’avère très volatil. Le 5 mars 2012, la tonne de cacao était à 2.325,22 $ (1.769 €) selon l’indice ICCO. « Le prix de la fève de cacao repré-
Même si la part des pays producteurs reste minoritaire dans les opérations de transformation, elle augmente. Ainsi, le groupe péruvien Machu Picchu Foods achète aux paysans et coopératives locales les fèves qu’il stocke dans 18 entrepôts proches des lieux de récolte. Il les transforme dans trois usines en cacao en poudre ou en beurre de cacao et en produits intermédiaires de type chocolat de couverture ou bâtons de chocolat qu’il exporte ensuite à des industriels comme Nestlé, Delfi, Cargill ou Kraft Foods et bien d’autres. Esther Paredes Caceres, sa Gérante, indique produire 22.000 tonnes par an. Plus loin dans la chaîne, les plus gros industriels du chocolat sont trois grands groupes américains, deux Suisses et un Italien (cf. tableau page 49). La Supply Chain du chocolat est donc mondialisée, mais on ne peut pas parler de standardi- sation. Chaque pays producteur dispose de fèves de cacao qui donneront des cho- colats aux goûts différents. Chaque pays consommateur a des habitudes variées. Les boîtes de chocolat vendues à Noël en France le sont toute l’année dans d’au- tres pays. La tablette traditionnelle dans l’Hexagone est de 100 g, alors qu’ailleurs elle peut n’être que de 40 g.
Température dirigée, qualité et saisonnalité
Pour Bernard Lasry, Directeur Supply Chain de la Division Chocolat et Cacao du groupe français Cémoi, « Le chocolat est un produit alimentaire spécifique, à mi-chemin entre l’ultra-frais - du fait du contrôle de température et d’hygro- métrie pendant le stockage et le trans- port vers le client - et l’épicerie, au niveau des délais de livraison. » Délais d’ailleurs raccourcis au fil du temps par les distributeurs qui réduisent leurs stocks. Ainsi, Cémoi travaille en cross- dock avec Tesco, dont il est le principal fournisseur de chocolat à marque dis- tributeur (MDD) et en flux cross-dock massifiés avec plusieurs distributeurs français.
Grégory Debuchy, Directeur Supply
Chain de Ferrero France et Benelux, s’occupe de la chaîne depuis l’approvi- sionnement matière et la gestion des fiches articles des deux usines française et belge (parmi les 18 du groupe italien) jusqu’à la facturation des commandes. Il met en avant la saisonnalité du pro- duit, de par sa fragilité et les habitudes de consommation : « Sont retirés d’avril à août des rayons des distributeurs les produits Ferrero qui résistent le moins à la chaleur. Pour que le client puisse
La collection Pâques 2012 de Michel Cluizel est sur le thème du cirque.
profiter de la qualité organoleptique du chocolat, Ferrero réduit la date limite d’utilisation optimale de ses produits, ce qui implique une réactivité logistique plus importante. » Il s’appuie sur l’outil de planification et de prévision des ventes APO de SAP et sur le service centralisé de planning du groupe, au siège italien d’Alba. Ferrero dispose de sept entrepôts, dont deux saisonniers en France et en Belgique, plus un entrepôt de noisettes pour le fameux Nutella fabriqué dans les usines françaises et allemandes. Chaque année, un million de mouvements de palettes ont lieu dans ces entrepôts.
Label OEA pour booster l’export La chocolaterie Michel Cluizel est une PME normande qui se dit « cacaofévier ». A la fois transformateur, chocolatier et confiseur, elle produit 1.485 tonnes de chocolat par an, dont 650 destinées aux professionnels, pour plus de 23 M€ de CA, dont les trois quarts en France. A la fois industriel et artisan, Michel Cluizel travaille avec cinq plantations sur trois continents et compte 4.000 clients. Hors marché professionnel, la chocolaterie distribue des produits anonymes ou
MARS 2012 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°62 47
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