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ENQUÊTE Ports français


Délégué général de l’AUTF (Association des Utilisateurs de Transport et de Fret) Philippe Bonnevie,


« Il faudrait que les ports améliorent leur compétitivité »


Les chargeurs saluent les bénéfices incontestables en matière de fiabilité sociale, liés à la réforme portuaire, tout en restant prudents. Néanmoins les aspects liés aux coûts restent un motif de mécontentement pour l’AUTF qui invite les ports à gagner davantage en compétitivité.


Supply Chain Magazine : D’une manière générale, quels sont les critères de choix d’un chargeur pour choisir un port ? Philippe Bonnevie : La fiabilité et la com- pétitivité des coûts, la compétitivité du port proprement dit et la compétitivité de l’en- semble de la chaîne logistique qui passe par le port intègrant les pré et post achemine- ments. Ce qui nous intéresse, c’est la consé- quence de ce couple fiabilité-compétitivité, c’est-à-dire la qualité et la quantité de l’of- fre de service maritime.


SCMag : Quels changements avez- vous observé depuis la mise en application de la réforme portuaire ? P.B. : Depuis mai 2011, les choses se sont améliorées en termes de fiabilité sociale. Néanmoins, il faut distinguer la fiabilité per- çue depuis la France et celle perçue depuis l’étranger. En France, nous considérons déjà ces deux années comme un grand pas en avant. A l’inverse pour un acteur économique étranger, cette durée n’est probablement pas suffisante. On n’efface pas en deux-trois ans l’image négative créée en deux ou trois décennies. En outre, cette fiabilité est encore fragile et nous prévoyons de faire un point quatre ou cinq ans après la réforme.


48 N°74 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - MAI 2013


SCMag : La fiabilité est donc le premier bénéfice de la réforme mais qu’en est-il des coûts ? P.B. : Nous n’avons pas vu grand-chose pour l’instant ! On sait que la productivité a progressé, y compris dans des terminaux considérés comme difficiles. Il n’y a quasi- ment plus de pannes en cours d’opération de manutention. Par ailleurs, les cadences de manutention se sont améliorées. Il n’empêche que dans certains cas, il sub- siste des sureffectifs liés à la finalisation des accords locaux et des surcoûts prove- nant des modalités de départs anticipés obtenues à l’arrachée en 2011. Cela peut expliquer les difficultés à restituer les gains de productivité aux clients. La réforme portuaire n’a donc pas produit les résultats escomptés en matière de réduction de coûts de manutention.


SCMag : Selon vous, quels sont les axes de développement majeurs des grands ports maritimes français ? P.B. : Au niveau des coûts, certains postes sont améliorables, en particulier les frais de fonctionnement des ports. Les droits de port pèsent à la fois sur le navire et sur la mar- chandise. Si un port maîtrise mieux ses coûts, il peut réduire ou geler ses droits de port. Pour l’instant, nous n’obtenons pas de baisse. Il faudrait pour cela que les ports améliorent leur compétitivité en s’affran- chissant par exemple des sureffectifs. Par ailleurs, les chargeurs sont sensibles aux coûts, parfois très significatifs, qui décou- lent des modifications des règles de sta- tionnement des conteneurs. En effet, nous nous sommes aperçus que dans certains grands ports, les manutentionnaires ont considérablement réduit les franchises. Il s’agit d’un point particulièrement irritant pour les chargeurs.


SCMag : Et concernant l’hinterland ? P.B. : S’agissant du fluvial, on s’aperçoit que le changement de règle du jeu depuis la


réforme portuaire a fortement handicapé ce mode de transport en raison des coûts supplémentaires facturés. En outre, le flu- vial se heurte à un problème d’infrastruc- ture. Ni Marseille, ni Le Havre ne sont directement reliés à la voie d’eau. Port 2000 n’a pas été conçu avec une écluse intégrée. Aujourd’hui, soit les conteneurs sont transbordés d’un quai à un autre, ce qui représente un coût, soit il faut utiliser des navires, plus onéreux que les bateaux fluviaux, permettant d’aller en pleine mer. A Marseille, pour aller du Rhône à Fos 2XL, vous devez attendre que la mer soit calme ! « Ferroviairement » parlant, c’est une grande désolation… Les ports souf- frent donc de réelles difficultés au niveau de leur hinterland à la fois pour des ques- tions d’infrastructure mais aussi de tarifi- cation. Tout ça ne va pas dans le bon sens.


SCMag : Quels sont les démarches actuellement menées par l’AUTF dans le domaine portuaire ? P.B. : Nous travaillons actuellement sur les questions douanières et en particulier, sur la modification de la perception de la TVA pour les importations. Les sociétés impor- tatrices qui passent par les ports belges et néerlandais bénéficient d’un non décaisse- ment de la TVA contrairement à une entrée par un port français. Nous avons obtenu de Nicole Bricq, Ministre du commerce exté- rieur, la création d’un groupe de travail dont la mission est d’évaluer les consé- quences financières ainsi que les modalités de mise en œuvre de cette option fiscale. Nous travaillons également sur l’ouverture des systèmes informatiques portuaires (notamment le système AP+). Nous mili- tons pour que ce système soit ouvert à tous les acteurs du commerce international y compris les chargeurs, comme c’est le cas à Rotterdam, de manière à gagner en pro- ductivité et en sécurité. ■ PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO SIGUICHE


©AUTF


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