ENQUÊTE Ports français
Délégué Général d’Armateurs de France Éric Banel, « Une réforme nécessaire mais non suffisante »
meilleure organisation du travail. Ceci étant, cette réforme nécessaire ne peut en aucun cas être considérée comme suffisante pour relancer les ports français. Elle doit être envisagée non comme la conclusion mais comme le point de départ d’un processus de réforme beaucoup plus ambitieux. La loi de 2008 était essentiellement centrée sur la gouvernance des ports et de la manutention, qui est aujourd’hui un problème résolu. Les enjeux se situent désormais ailleurs.
Supply Chain Magazine : Quel est votre premier bilan deux ans après la mise en application de la réforme portuaire ? Éric Banel : Les armateurs ont identifié depuis très longtemps les principaux handi- caps des ports français. Le manque de fiabi- lité sociale était l’un de ceux auxquels il fallait impérativement remédier. Nous avons donc souhaité et accompagné la réforme de 2008, la considérant comme indispensable malgré le coût qu’elle a représenté pour les armateurs, les manutentionnaires et les chargeurs. Nous l’avons acceptée car elle était le préalable nécessaire à toute politique de reconquête des marchés. La réforme s’est faite et s’est achevée en 2011. Les ports fran- çais, petit à petit, imposent une image de meilleure fiabilité. Malgré des coûts de la manutention qui restent élevés, nous avons constaté des gains de productivité liés à une
Manutention fluviale au Havre
SCMag : Quelles sont selon vous les enjeux prioritaires ? E.B. : Nous avons créé un groupe de tra- vail sur la relance portuaire au sein du GITL (groupement interprofessionnel du trans- port et de la logistique), qui regroupe le transport maritime, fluvial, routier et ferro- viaire. Ensemble, nous avons produit un document avec des propositions simples et concrètes, que nous avons récemment transmises aux pouvoirs publics. La des- serte de l’hinterland est selon nous la pre- mière priorité, qui s’inscrit normalement dans le travail sur le SNIT (schéma national des infrastructures de transport), sachant que le SNIT lui-même avait ce défaut majeur de faire quasiment l’impasse sur le portuaire. Le deuxième enjeu concerne la création de grands corridors. On pense à l’axe Seine et à son début de réalisation avec la création d’Haropa [ndlr : GIE des ports du Havre, de Rouen et de Paris], qui va dans le bon sens, même si cette initiative demande à être consolidée. L’axe Rhône (entre Marseille et Lyon), encore très
embryonnaire, doit se développer dans le même esprit. Pour Marseille, cet axe Rhône est fondamental et rien n’est pour le moment fait dans ce sens. La politique industrialo-portuaire est un autre des enjeux identifiés. La vocation industrielle des ports est essentielle alors qu’on y observe une tendance à la désindustrialisa- tion (en particulier le raffinage). Le défi que représente le développement des énergies marines renouvelables (EMR) pourrait y contribuer. On commence à voir des pro- jets très concrets en la matière notamment au Havre et à Nantes. La promotion du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) est également une des grandes pistes d’avenir du transport maritime et fluvial, compte tenu de la forte demande des armateurs. Le port de Rotter- dam s’équipe actuellement déjà en GNL alors que les ports français n’ont pas encore commencé…
SCMag : Pouvez-vous nous détailler les cinq propositions faites par Armateurs de France ? E.B. : La première consiste à renforcer Haropa et à créer une structure similaire sur l’axe rhodanien pour permettre le dévelop- pement de grands corridors de fret. La deuxième prévoit de moderniser les pro- cédures de manutention des marchandises pour uniformiser les conditions de trans- bordement entre le maritime et les trois modes terrestres. La troisième veut favori- ser la réimplantation des industries sur le domaine portuaire pour répondre aux nouveaux défis (EMR et GNL) et simplifier les procédures administratives d’implanta- tion de ces activités. Par ailleurs, le SNIT doit retenir les projets de desserte répon- dant aux besoins prioritaires de la compé- titivité des ports français : création des accès direct de Port 2000 et Fos 2XL à la Seine et au Rhône, contournement ferro- viaire de l’agglomération lyonnaise, dou- blement de la ligne ferroviaire Le Havre- Paris. Enfin, les ports de leur côté doivent s’inscrire dans une démarche commerciale forte pour reconquérir les marchés. C’est pour eux un changement de culture indis- pensable. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO SIGUICHE SUITE PAGE 50
46 N°74 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - MAI 2013
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©ARMATEURS DE FRANCE
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