L’ESSENTIEL Bêtisier.
« Le diable est dans les détails » P
roverbe chinois, dicton africain ou titre de roman, peu importe : c'est le leit- motiv des projets mal ficelés, mal anticipés, où les conditions d'exécution sont souvent négligées, sous-estimées.
Et le diable ressurgit encore plus vigoureusement quand c'est le paradis promis aux clients qui déstabilise les mécaniques des Supply Chains en créant le chaos. Oui, notre enfer est pavé des bonnes intentions de nos confrères du Marketing… Nou- veaux produits, nouvelles options, variantes exotiques, rien ne nous est épargné et le rythme s'accélère : ne nous en plai- gnons pas, l'innovation et la créativité (même débridée) sont les clés de la survie sur bien des marchés. Qu'il s'agisse de produits technologiques, de la mode, du luxe, de l'offre de res- tauration, le renouvellement des produits devient de plus en plus fréquent… mais l'intendance a souvent bien du mal à sui- vre ! De l'idée à la conception générale, puis détaillée, puis aux achats, à la mise en exploitation, au retrait de la généra- tion d'avant, c'est une chaîne d'acteurs trop souvent décon- nectés les uns des autres qui sont censés se coordonner de façon toujours plus rapide... Et le diable refait surface !
Consommateur (trop) fréquent de plateaux repas, j'ai pu constater que chaque traiteur a plusieurs gammes, chacune avec plusieurs choix, qu'il faut bien renouveler fréquemment pour ne pas lasser le client. Chaque renouvellement est pour cette Supply Chain comme une introduction de nouveaux produits. Derrière chaque composition se cache un subtil équi- libre coût-qualité-nutrition, théâtre d'arbitrages entre marke- teurs, nutritionnistes, acheteurs, préparateurs, etc. Ajoutez-y éventuellement la contrainte d'accessoires occasionnels (pince à bigorneau, baguettes), de fraîcheur (le petit pain croquant), de distribution phy- sique et de variabilité de la demande, voici de beaux challenges, sans parler de ceux de la restauration embarquée (train, avion) avec ses flux retours et ses escales à approvisionner… Là aussi, le diable revient très vite pour les Responsables Supply Chains de ces activités, surtout si leurs contraintes n'ont pas été prises en compte lors des choix en amont.
Une solution réside dans les « plateaux » (analogie sémantique intéressante) créés par l'industrie automobile, approche qui consiste à regrouper tous les acteurs d'un pro- jet sur un même site afin de favoriser la communication et la réactivité. Mais ce n'est pas toujours possible : les déboires passés du câblage de l'A380 sont là pour nous le rappeler et Boeing reconnaît être allé peut-être un peu loin dans l'externalisation du design du Dreamliner 787, dont l'épisode des batteries nous a révélé l'extrême décen- tralisation de la conception.
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Une autre approche consiste à « déspécialiser les spécialistes », à faire en sorte que les concepteurs comprennent mieux les contraintes de la logistique, que les acheteurs ne raisonnent pas qu'en termes de coûts unitaires indépendamment du coût des modes de fonctionnement : on a vite fait de perdre en fret express les soi-disant économies obtenues en s'engageant sur des grandes quantités synonymes de longues séries et de moindre flexibilité, et l'idée marketing de l'année peut se révéler être un coûteux cauchemar à mettre en œuvre !
Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous connu de telles situations ? 26 N°74 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - MAI 2013
©SCMAGAZINE
©FERMANDO CORTÈS-FOTOLIA
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