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la logistique humanitaire apparaît comme une source potentielle de succès des programmes humanitaires et d’efficience des opérations.


Trois chaînes logistiques imbriquées Une différenciation fondamentale peut ici être faite entre le travail d'aide continu ou de déve- loppement (lutter contre la famine, aider au développement régional ou gérer un camp de réfugiés) et la réponse aux urgences. En fonc- tion du contexte, la logis- tique doit bien sûr être adaptée. Précisément, la réponse humanitaire peut être vue à travers un cycle ou une séquence qui com- prend trois grandes phases : la réponse, le rétablisse- ment et la préparation. La logistique humanitaire s’articule ainsi en combi- nant et en imbriquant suc- cessivement trois types de Supply Chains correspon- dant à chacune de ces


phases : ■ une Supply Chain d'urgence, temporaire, imprévisible et instable qui est mise en place en quelques jours, voire quelques heures, par des


équipes spécialisées pour répondre à une crise ; ■ une Supply Chain par projet, gérée localement à partir d’un ensemble de ressources, qui est généralement établie dans la phase de rétablis- sement d'une catastrophe ou à des fins de


prévention ; ■ une Supply Chain permanente, stable et géné- ralement prévisible, où les activités et les pro- cessus sont standardisés afin d'assurer la meilleure réactivité.


Si au cours de ce cycle, les Supply Chains per- mettant la réponse, le rétablissement et le déve- loppement diffèrent nettement, la logistique apparaît comme un élément commun aux trois phases. Elle peut être vue comme le fil conduc- teur de l’activité humanitaire.


Un pont entre le développement et la réponse


Etant donné que les organisations impliquées dans des opérations humanitaires existent entre les crises, la maîtrise de la logistique humani- taire semble passer par l’élaboration d’un réseau permanent dans le cadre d’une stratégie dite de préparation. Ce réseau peut alors servir de base pour la mise en place rapide des différentes chaînes temporaires, afin de réagir rapidement en cas de catastrophe. On voit ici que la logis-


tique joue en quelque sorte un rôle de « pont » entre la phase de préparation et la réponse. L’en- jeu logistique est alors d’anticiper au maximum les aléas potentiels afin d’assurer un déploiement rapide des ressources nécessaires là où une nou- velle crise survient. Aujourd’hui, des organisa-


tions humanitaires internationales comme Médecins Sans Frontières, la Fédération de la Croix Rouge et le Programme Alimentaire Mon- dial investissent de plus en plus dans la phase de préparation. Pour cela, elles utilisent et déploient des standards, analysent finement les besoins du terrain, prévoient la demande. Elles cherchent aussi à pré-positionner des stocks d’urgence et à développer des systèmes d’infor- mation pour mieux tracer les flux.


Un exemple pour d’autres logistiques ? Cela met clairement en évidence que la logis- tique humanitaire devient de plus en plus stra- tégique. Dans un futur proche, on peut ainsi penser qu’il sera possible d’utiliser certaines techniques de réponse rapide développées dans l’humanitaire pour les déployer dans d’autres contextes logistiques. Un exemple est la capa- cité des organisations humanitaires â répondre à plusieurs urgences simultanées et à continuer à approvisionner les programmes d'aide continue. Cette capacité de résilience apparaît comme un facteur clé pour les chaînes commerciales dans des contextes dynamiques et incertains comme ceux d'aujourd'hui. ■


Le Cret-Log est un centre de recherche en sciences de gestion d’Aix Marseille Université spécialisé en logistique et Supply Chain Management. www.cret-log.com


DÉCEMBRE 2012 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°70 89


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