L’ESSENTIEL Le Bêtisier.
Du rêve à la réalité A
l’époque, la conjoncture était bonne, l’en- thousiasme régnait comme si la croissance de cette jeune société était éternelle. Chaque mois voyait de nouvelles victoires commerciales et le plan d’embauche était régulièrement revu à la hausse. Cependant, quelque chose clochait… Il régnait une tension palpable à l’étage de la Direc- tion, les rumeurs bruissaient de dissensions entre les directeurs, certaines éclataient même au grand jour, des portes claquaient, des visages se fermaient. Mais officiellement, c’était comme dans la chanson, « tout va très bien Madame la marquise » !
Que se passait-il, quel était donc le problème, ou plu- tôt, quels étaient les problèmes ? Une petite enquête s’imposait.
Première découverte, les profits n’étaient pas au ren- dez-vous, loin de là. Ah bon ? Malgré la croissance continue ? « Oui, car les investissements pompent le cash et les embauches alourdissent les coûts. »
Deuxième découverte, l’utilisation des machines est plutôt faible, de l’ordre de 60 % ! Hein ? Mais pour-
quoi on en commande d’autres ? « Parce qu’il y a des délais et la croissance est forte, tu comprends… on va en avoir besoin. Si on n’a pas la capacité, on ne pourra pas servir le marché et les concurrents nous dépasseront. »
Troisième découverte, malgré la forte croissance du chiffre d’affaires, il est bien en dessous des objectifs… « Mais on va se rattraper sur la deuxième moitié de l’année ! »
Bien entendu, ce ne fut pas le cas. Des têtes tombèrent, la belle dynamique s’arrêta dans son élan, les meilleurs éléments partirent, etc. Game over.
Rétrospectivement (c’est toujours plus facile ainsi), la cause fondamentale de ce désastre tenait à des objectifs de croissance irréalistes imposés par les actionnaires et auxquels les dirigeants ont voulu croire autant par fierté que par intérêt per- sonnel. Ces chiffres inatteignables ont guidé des investissements démesurés, jamais rentabilisés, et la non-atteinte des objectifs a transformé une bonne croissance en sous-performance… avec tout l’impact sur l’organisation et les hommes et femmes qui la font vivre. Au final, un formidable gâchis, alors que du réalisme se serait tra- duit par une croissance profitable !
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Cette histoire illustre l’importance de la cohérence entre objectifs et prévisions, de l’alignement des ressources et de l’intégration de la fonction Finances au pro- cessus de Planification, comme dans tout bon S&OP (bien évidemment inexistant dans ce cas). Et, cela va sans dire, qu’il s’agisse d’une entreprise industrielle ou de services !
Et vous, avez-vous connu de telles situations ? N°54 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - MAI 2011
©SCMAGAZINE
©AUDREY ZYK-FOTOLIA
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