époque un bulletin pour informer deux fois par jour toutes les parties pre- nantes de sa Supply Chain, y compris bien sûr ses fournisseurs. Au final, ce dispositif d’urgence permet à STMi- croelectronics de rediriger 132 tonnes de fret, pour un coût de 685.000$, afin d’éviter des pertes potentielles éva- luées à 50 M$ !
L’impact du séisme nippon C
es dernières années, les Supply Chains mondiales ont été mises à rude épreuve dans de nom- breux secteurs. Et celles
du High Tech et de l’électronique sans doute encore plus que les autres. Pour commencer, un ralentissement géné- ral se fait sentir en 2009 : la produc- tion passe en surcapacité, les inves- tissements s’arrêtent net. Fermetures d’usines. Puis l’activité redémarre en 2010, une bonne nouvelle, mais qui provoque de violents à-coups. Les fournisseurs de composants, en sous- capacité de production cette fois, ren- contrent les premières difficultés d’allocation pour honorer les com- mandes de leurs clients. Avril 2010 : grosse perturbation du trafic aérien mondial en raison de l’éruption d’un volcan en Islande. L’industrie électro- nique, grande consommatrice de fret aérien, est concernée au premier chef. Les grands acteurs du marché déploient des cellules de crise, comme chez STMicroelectronics par exemple, qui travaille d’arrache-pied avec des prestataires logistiques et ses transpor- teurs pour déployer des routes alterna- tives ou modifier la planification. Le géant franco-italien publie à cette
Fin 2010, le marché parvient à se rééquilibrer tant bien que mal entre l’offre et la demande, grâce notam- ment aux efforts entrepris par les acheteurs pour diversifier leurs sources. Mars 2011 : les tragiques séismes au Japon sèment la panique sur la Supply Chain de l’électronique : l’archipel est un important fournis- seur de semi-conducteurs. « En fait, l’impact n’est pas aussi important que prévu. Les grosses capacités de pro- duction avaient déjà quitté le Japon pour Taïwan, la Thaïlande, l’Indonésie et les Philippines, observe Didier Givert, Associé chez PwC, spécialiste du secteur High Tech. Certes, cela a entraîné quelques pénuries et les prix ont augmenté. Il y a eu un impact temporaire sur le monde de l’électro- nique professionnelle et grand public. Mais le problème a été résolu assez rapidement. Pour certains composants optiques par exemple, la Supply Chain s’est rééquilibrée en un temps record vers Taïwan, la Chine ou la Thaïlande, et les importants stocks tampon qui existaient dans la Supply Chain de l’électronique mondiale ont joué leur rôle d’amortisseur. En deux trimestres à peine, c'est-à-dire à partir de sep- tembre-octobre 2011, la situation est revenue à peu près à la normale. » Mais voici qu’arrive la « crise » de 2011. Le ralentissement des com- mandes se fait sentir à partir de l’été, beaucoup d’industriels n’ont pas besoin de s’approvisionner en compo- sants supplémentaires. Nouvelle catas- trophe naturelle en septembre 2011, climatique cette fois : de graves inon- dations touchent la Thaïlande, gros producteur de composants actifs et passifs et de disques durs, qui sont des éléments essentiels de la micro-infor- matique grand public et profession- nelle. Cela provoque un nouveau
goulot d’étranglement sur la Supply Chain et des ruptures d’approvision- nement, qui pour certaines ne sont pas encore tout à fait résolues six mois plus tard.
Une chaîne très segmentée Moralité ? Les grands donneurs d’or- dre, appellés OEM (Original Equip- ment Manufacturers) se sont rendu compte, au travers de ces à-coups de la Supply Chain, de l’importance d’une collaboration plus étroite entre les différents acteurs interdépendants
Didier Givert, Associé chez PwC, spécialiste du secteur High Tech
« Entre 2009 et 2011, les acteurs de l’électronique qui ont réussi à se sortir de l’ornière en trouvant les bonnes capacités quand il le fallait sont ceux qui ont mis en place des Supply Chains collaboratives tournées vers les fournisseurs
de leurs fournisseurs, avec une vision à moyen/long terme ».
d’un bout à l’autre de la chaîne, jusqu’aux composants les plus minus- cules, pour atténuer les risques de rupture. Une nécessité d’autant plus impérieuse qu’en l’espace d’une quin- zaine d’années, le monde de l’électro- nique, à la différence de nombreux autres secteurs industriels, s’est extrê- mement « horizontalisé » avec une multitude de couches successives. C’est particulièrement net en France où par exemple les usines de télé- phones mobiles et d’équipements de télécoms de « constructeurs » comme Alcatel ou Nortel ont été vendues en 2001 et 2005 à l’intégrateur singa- pourien Flextronics (pour être finale- ment fermées quelques années plus
AVRIL 2012 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°63 35
©PWC
Page 1 |
Page 2 |
Page 3 |
Page 4 |
Page 5 |
Page 6 |
Page 7 |
Page 8 |
Page 9 |
Page 10 |
Page 11 |
Page 12 |
Page 13 |
Page 14 |
Page 15 |
Page 16 |
Page 17 |
Page 18 |
Page 19 |
Page 20 |
Page 21 |
Page 22 |
Page 23 |
Page 24 |
Page 25 |
Page 26 |
Page 27 |
Page 28 |
Page 29 |
Page 30 |
Page 31 |
Page 32 |
Page 33 |
Page 34 |
Page 35 |
Page 36 |
Page 37 |
Page 38 |
Page 39 |
Page 40 |
Page 41 |
Page 42 |
Page 43 |
Page 44 |
Page 45 |
Page 46 |
Page 47 |
Page 48 |
Page 49 |
Page 50 |
Page 51 |
Page 52 |
Page 53 |
Page 54 |
Page 55 |
Page 56 |
Page 57 |
Page 58 |
Page 59 |
Page 60 |
Page 61 |
Page 62 |
Page 63 |
Page 64 |
Page 65 |
Page 66 |
Page 67 |
Page 68 |
Page 69 |
Page 70 |
Page 71 |
Page 72 |
Page 73 |
Page 74 |
Page 75 |
Page 76 |
Page 77 |
Page 78 |
Page 79 |
Page 80 |
Page 81 |
Page 82 |
Page 83 |
Page 84 |
Page 85 |
Page 86 |
Page 87 |
Page 88