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L’ESSENTIEL Le Bêtisier.


Sky, my husband ! C


e titre d’un opuscule hilarant paru en 1985 et illustrant les pièges des traduc- tions mot à mot n’a jamais perdu son acuité pour qui travaille couramment en anglais dans notre beau pays, ce qui est le cas de beaucoup d’acteurs de la


Supply Chain. Par le chemin*, les essais de traduction de Supply Chain n’ont pas vraiment été fructueux. La « chaîne fournissante » fait sourire, la « chaîne d’approvi- sionnement » semble bien réductrice, la « chaîne logistique étendue » oublie la pla- nification… sans oublier la « chaîne des supplices » pour certains !


L’excellente traduction de l’APICS Dictionary se contente sobrement d’une « chaîne logistique » heu- reusement définie comme « un réseau global de livrai- son de produits et services depuis les matières premières jusqu’aux clients finaux à travers un flux élaboré d’information, un flux physique et un flux financier ».


Un ami travaillant chez un industriel connu, que je surnommerai NordSud, m’a montré le formulaire d’évaluation des candidats qui comportait à la rubrique niveau d’anglais les choix : « faible », « NordSud » et « fluide ». Quelle façon d’officialiser comme repère, comme norme, le niveau moyen, celui des collaborateurs ! « Do you speak English ? Yes, NordSud English! », était même devenu une plaisan- terie dans les réunions internationales où seuls les


Français comprenaient leur sabir anglicisant digne de « Sky, my husband » ! Parfois, les yeux fermés, on croyait entendre Fernandel…


Combien de canaux de communication se ferment à cause d’un anglais défaillant ? Combien d’occasions d’échange sont perdues par celui qui rechigne à exposer sa faiblesse ou, à l’inverse, n’a pas la patience de déchiffrer l’anglais balbutiant de son interlocuteur. Bien entendu, ça joue dans l’autre sens : combien d’anglophones (monolingues par excellence) se mettent spontanément à la portée de leurs correspondants ? Passer de l’anglais de l’Alabama à celui de Bangalore suppose une oreille agile…


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L’accent est une chose, le vocabulaire en est une autre. Ceux qui espèrent se conso- ler à l’écrit risquent de déchanter. L’état des lieux n’est guère plus brillant. A plu- sieurs reprises, ici même, j’ai raillé la confusion souvent faite entre « backlog » et « backorder ». Mais que dire face à un « actually » pour dire actuellement… et autres contresens courants qui émaillent mails et conversations en réduisant leur impact auprès des destinataires. Avis aux amateurs de traducteurs automatiques (qui de toute façon ne traduiront ni les acronymes, ni certains termes très techniques), leur usage peut s’avérer dangereux car une mauvaise traduction, en plus de rendre ridicule son auteur, peut révéler son manque de recul et de sens critique. C’est bien pire qu’un mauvais accent ! Je pense à cette résidence « de prestige » d’une station de skis qui conseillait à ses clients de fermer leur casier à « double tower » et précisait qu’elle n’était pas responsable « in case of flight » (sic). De même, un traducteur automa- tique en ligne proposera de traduire « Time flies like an arrow » par « Les mouches du temps aiment une flèche ». Trouvez l’erreur ! * : ma propre tentative de mot à mot pour By the way (au passage)


Et vous, avez-vous déjà rencontré de telles situations ? 24 N°63 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - AVRIL 2012


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