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Pascal Crevits, Directeur des Projets Logistiques chez Danone Dairy Goods « La fonction Supply Chain accompagne le développement du Business »


Jean-Marc Abelous : Comment la fonction Supply Chain est-elle appréhendée dans votre activité ? Pascal Crevits : Chez Danone, chaque pays a sa pro- pre entité Supply Chain constituée de trois piliers majeurs : le Planning, la Logistique et le Customer Ser- vice. La fonction Supply Chain accompagne le déve- loppement du Business. Cela passe avant tout par l’optimisation de nos process, de l’élaboration des prévisions à la production, de la distribution physique à la gestion de la com- mande jusqu’au paiement.


J-M.A. : Quels sont ses principaux axes de travail ? P.C. : La mesure du taux de service à livraison, complétée des ruptures en linéaire, constituent des axes majeurs. On estime entre 3 et 7 % le CA perdu selon les marchés. Parallèlement, nous sommes focalisés sur la fraîcheur de nos produits en linéaire. La gestion de la Date Limite de Consommation est clef. Ce dernier aspect nous permet d’appréhender plus précisément les problé- matiques liées à la rotation des produits. Si une référence se vend peu, La Supply Chain peut aller jusqu’à challenger l’assortiment durant nos meetings prévisions (GPS Process). Ensuite, cela passe par la mise en place de projets dits « Go To Market » et « Route to Market ». L’objectif étant d’aider chaque pays à croître. Sché- matiquement, nous prenons le marché-cible, nous le segmentons en zones géographiques, puis nous disposons les entrepôts au bon endroit. Dans certains pays, nous recherchons les meilleurs grossistes pour démarrer la distribution. Nous les accompagnons dans le suivi et la mise en place des méthodes Danone pour fina- lement basculer sur un modèle de distribution dit « direct », une fois le seuil de volume et de rentabilité atteint. Tous ces projets sont construits de manière cross-fonctionnelle. Ce sont des pro- jets Ventes ET Supply. Le rôle de la Supply Chain est réellement de proposer des solutions optimales à la force de vente, qui elle se focalise sur l’exécution au point de vente.


J-M.A : Quelles sont les contraintes propres à votre secteur d’activité ? P.C. : Selon mes expériences, dans certains pays qui n’ont pas


encore atteint une certaine maturité Supply Chain, il est parfois difficile de trouver des prestataires locaux ayant une vraie compétence dans le domaine de la logistique de produits frais. La prestation logistique (gestion de la chaîne du froid), plus particulièrement dans les pays émergents, reste encore l’apanage de sociétés européennes ou internationales qui se sont


développées de façon significative sur ces créneaux, comme en Chine par exemple. Avec des différences notables entre elles : certaines proposent des solutions « toutes faites », difficiles à adapter en termes de services ou de solutions aux besoins de grands industriels des produits frais ; d’autres, plus flexibles , pro- posent des solutions « à la carte », comme ID Logistics notam- ment. Dans notre métier, nous préférons clairement ce dernier type pour une raison simple : nos produits, n’ont que 30 jours de vie et doivent arriver le plus frais et le plus vite possible chez nos clients, qui d’ailleurs, sont de plus en plus exigeants, et ce, quel que soit le pays.


J-M.A. : Quelles évolutions d’organisation et de métiers voyez-vous dans votre secteur ? P.C. : Dans de nombreux groupes agroalimentaires, et en parti- culier chez Danone, l’accent est mis sur l’importance du service client qui passe par un alignement permanent entre le Client, les Ventes, la Supply Chain et la Finance. L’idée est de travailler vrai- ment de concert avec le client afin de développer « naturelle- ment » le volume d’affaires et la profitabilité du mètre linéaire, tout en proposant des solutions logistiques adéquates (amélio- ration des processus, partage de l’information). Enfin, le métier de prévisionniste dans notre activité, déjà primordial, devient de plus en plus « central », véritable tour de contrôle au niveau du pays ou au niveau Européen. La fiabilité de nos prévisions de ventes, toujours plus fines, garantit finalement un taux de service amélioré pour l’ensemble de nos clients et concourt à la stabilité de nos coûts sur l’ensemble de la chaîne. Cette fiabilité reste fon- damentale pour gérer des produits avec des cycles de vie aussi courts que le yaourt. ■ PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-MARCABELOUS


OCTOBRE 2011 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°58


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