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ENQUÊTE Traitement des déchets


L’enjeu francilien de la propreté urbaine


e Syctom, agence métropolitaine des déchets ménagers, traite et valorise les déchets d’ordures ménagères et assimilés de 5,7 millions d'habitants dans 84 communes adhé- rentes de l'agglomération parisienne. Cet acteur public a traité 2,36 millions de tonnes de déchets en 2010 : deux millions par ses propres moyens, le reste étant confié à des acteurs privés. Il se veut un service public « précur- seur de l’écologie urbaine ». En amont de la chaîne de traitement du Syctom, les communes sont chargées de la col- lecte des déchets. Exemple de la capi- tale, qui a collecté à elle seule 1,2 million de tonnes de déchets en 2010, avec Thierry Arnaud, Chef de la mis- sion collectes, Service technique de la Propreté de Paris : « La moitié du ton- nage d’ordures ménagères et des arrondissements est traitée en régie, avec notre personnel et nos bennes, et l’autre moitié est concédée dans le cadre de marchés publics, avec l’achat de presta- tions complètes. » Les trois prestataires retenus sont Deriche- bourg, Veolia et Pizzorno Environne- ment. En régie, la ville dispose de cinq garages comprenant 240 camions dédiés à la collecte de déchets et du personnel de conduite associé. Les arrondissements fournissent les rip- peurs (nom donné aux éboueurs). La


L


Si la collecte des déchets est sous la responsabilité des communes d’Ile-de-France, le Syctom, agence


métropolitaine des déchets ménagers, traite et valorise les déchets de la moitié des Franciliens.


Répartition des tonnages par modes de traitement


Arnaud. La collecte des déchets ména- gers recyclables est bi-hebdomadaire. Celle du verre est hebdomadaire, exclusivement gérée par trois presta- taires ayant des bennes adaptées (Sita, Sepur, Pizzorno Environnement). La prévision se fait à partir de l’historique des tonnages, auquel s’ajoute un coef- ficient de sécurité.


collecte des déchets ménagers non recyclables fonctionne sept jours sur sept ; l’optimisation des flux nécessite une mise à disposition de moyens adaptés aux volumes. Ils sont plus fai- bles le dimanche du fait d’une présen- tation moindre des poubelles et plus élevés le lundi, ce qui nécessite un « surparc » que déplore Thierry


Tri automatique de la collecte sélective par séparateur à disque sur le site d’Isséane du Syctom.


Optimisation de la ramasse Si les arrondissements gérés en régie travaillaient traditionnellement le matin, entre six heures et midi, et ceux gérés par les prestataires, le soir entre 17 h 30 et 23 h 30, ce n’est plus le cas à présent. Il peut y avoir des ramasses matin et soir pour optimiser l’utilisation des moyens mécaniques. Toutes les bennes font deux tours dans la demi-journée, divisée en deux tranches de trois heures. L’optimisa- tion de la ramasse n’est pas réalisée via des logiciels d’optimisation de tournées, « testés mais pris en défaut car faisant monter par exemple les escaliers de la butte Montmartre aux véhicules », indique Thierry Arnaud. Elle est effectuée par des opérateurs, aidés d’outils d’assistance informa- tique qui puisent dans une base de données (nombre de bacs, vitesse moyenne du véhicule, vitesse du char- gement, charge utile maximale, dimensions des rues…) et alertent en cas d’incohérence sur le nouvel itiné- raire choisi. L’opérateur doit prendre en compte des données comme les endroits où il y a souvent des véhi- cules en double file. « Le grand chan- tier de ces dernières années était le déploiement de la collecte sélective. Le prochain sera celui de la collecte sélective des putrescibles. Les projets logistiques actuels concernent l’opti- misation de l’itinéraire entier, depuis le garage jusqu’au site du Syctom et l’augmentation de la taille des véhi- cules pour réduire le nombre de bennes. Et notre projet d’avenir est le pilotage en temps réel des véhicules


64 N°58 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - OCTOBRE 2011


©C.CALAIS


SOURCE : SYCTOM


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