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2008, selon l’Agence de l’Environne- ment et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe). Agriculture et sylviculture sont les premiers pourvoyeurs (43 %), juste devant le BTP (41 %). Viennent ensuite les déchets des entreprises (10 %) et les déchets industriels dan- gereux (1 %). Ceux des ménages représentent 3,5 % et des collectivités 1,5 %. L’ordonnance du 17 décembre 2010, adapte le droit de l’Union Euro- péenne à la France en définissant une « hiérarchie des modes de traitement des déchets qui consiste à privilégier, dans l'ordre : la préparation en vue de la réutilisation ; le recyclage ; toute autre valorisation, notamment la valo- risation énergétique ; l'élimination ». Et de préciser la nécessité « d'organi- ser le transport des déchets et de le limiter en distance et en volume. » On retrouve ainsi le principe du traite- ment proche du lieu d’origine du déchet prôné par de nombreux acteurs, notamment pour diminuer le coût du transport.


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Faire du déchet une matière première


Les acteurs du traitement se répartis- sent entre spécialistes d’une filière et généralistes, comme Veolia Environ- nement, Sita ou Paprec. Ce dernier, avec soixante usines pour 650 M€ de CA, traite divers types de déchets, essentiellement issus d’entreprises. Claude Solarz, Vice-Président du groupe, indique : « Notre métier est noble puisqu’il prend un déchet pour en faire une matière première. Nous sommes fiers de trier les déchets, il y a de l’or dans nos poubelles ! Nous diver- sifions nos risques en travaillant sur différents métiers du recyclage. Spécia-


millions de tonnes de déchets ont été pro- duits en France en


liste des vieux papiers, plastiques, bois et piles, nous sommes simples acteurs dans les déchets industriels et toxiques, et la ferraille, où la concur- rence est déjà bien installée. Nous nous lançons aujourd’hui dans le pneu. Il y a beaucoup d’acquisitions d’entreprise à faire dans un secteur en pleine concentration où nous souhai- tons être un grand acteur. » Paprec traite plus de 2,5 millions de tonnes de déchets, dont 70 % sont recyclés. Il dispose d’une flotte de plus de1.000 camions géo localisés pour la collecte. Chaque agence organise ses tournées, et confie à des transporteurs spéciali- sés le transport aval vers les entre- prises qui vont utiliser les matériaux de recyclage. Les lots sont tracés informatiquement dès leur arrivée sur site et ceux qui sont transformés le sont jusqu’au valorisateur. Par exem- ple, la filiale la Corbeille Bleue collecte et trie les corbeilles de papier des entreprises. Le papier est broyé (jour- naux froissés), compacté et envoyé aux papetiers du monde entier.


Innovations et modernisation


Les filières de traitement se caractéri- sent par de forts investissements pour moderniser la chaîne et innover. Paprec a ainsi dépensé 10 M€ pour une chaîne de tri automatisé des déchets issus du tri sélectif. De même, Yprema, spécialiste des matériaux de déconstruction, a consenti 4 M€ pour développer son site de dernière géné- ration d’Emerainville. De nouvelles filières de recyclage se mettent régu- lièrement en place, une des plus récentes étant celle des matelas. Ce sont souvent les acteurs spécialistes


La barge Marpol Collector I de SWC au Port du Havre collecte les déchets liquides


Canettes compactées sur le site de Blanc-Mesnil de Paprec.


Chaîne de tri traditionnelle de déchets industriels banals (DIB) chez Paprec, au Blanc-Mesnil


Traçabilité fine des déchets de soins


Les déchets médicaux infectieux sont incinérés ou traités par des banaliseurs pour en faire des déchets d’ordures ménagères classiques. De par leur nature, une tra- çabilité fine est essentielle. L’éditeur de logiciels ISD organise avec TrackingCol Mobile, lancé en 2010, la traçabilité de la collecte. Son dirigeant Pierre Marion explique : « Muni d’un PDA communiquant en GPRS, le conducteur de la tournée scanne son véhicule et ses contenants. Chez chaque producteur de déchets, il pèse les bennes ou les petites quantités en cartons (« diffus ») que celui-ci a préparées sur une balance Bluetooth. Il donne au producteur des contenants propres en remplacement. Et remonte les informations en central. » ■


OCTOBRE 2011 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°58 61


©C.CALAIS


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