Jean-Charles Fromage, Directeur
Général Délégué de Stef-TFE
Vincent Denis, PDG de
Mutual Logistics
confie-t-il. La logistique du surgelé est très mor- celée. Il est rare que les industriels soient regrou- pés dans des entrepôts communs. Et comme les distributeurs disposent schématiquement d’un entrepôt par bassin de consommation, cela conduit à une multitude de stocks, une centaine pour l’ensemble du territoire pour cette filière sur- gelés qui n’a pourtant pas des volumes compara- bles à ceux de l’épicerie. » L’idée est d’intégrer les flux de la filière en mutualisant pour les indus- triels des points de stocks décentralisés, proches des bassins de consommation, à partir desquels partent des camions complets, mutualisés, vers les entrepôts de la grande distribution. L’intérêt pour la GMS est évident, à savoir diminuer leurs pro- pres stocks régionaux en généralisant le cross dock mais aussi augmenter les fréquences de réapprovisionnement des magasins. Car le rayon surgelé, petit en volume mais riche en références, reste la lanterne rouge en matière de taux de rup- ture en linéaire, estimés entre 10 et 15 %. Mais le modèle de mutualisation des stocks ne peut s’im- poser que s’il est aussi bénéfique aux industriels, pour lesquels l’éventuelle augmentation des stocks devra être compensée par une diminution des coûts de transport. « A condition d’avoir des volumes conséquents, disons supérieurs à une trentaine de palettes par semaine, les industriels ont un réel intérêt pour ce modèle de consolida- tion. Au lieu de livrer les produits une ou deux fois par semaine dans les magasins, ils livrent tous les jours, avec régularité. Cette année, il y a énormément de demandes d’industriels mais pour mutualiser l’ensemble de leurs flux et pas seule- ment ceux de la GMS, qui sont extrêmement faciles à consolider », constate Philippe Deliège, Fondateur de la société de conseil Accéder et expert en multi températures.
Sébastien Bossard, Directeur commercial du réseau Sofrilog
La tri-température tirée par la RHF La particularité du surgelé, c’est que plus de 50% des volumes se font hors de la GMS : le Home Service (Thiriet, Toupargel, etc.), les magasins spé- cialisés et la RHF. Ce dernier domaine se déve- loppe et se professionnalise à grande vitesse, avec le développement des chaînes de restauration. A côté d’une logistique classique, qui consiste à livrer en flux directs les marchés d’intérêt natio- naux comme Rungis, s’organisent depuis quelques années des plates-formes régionales de regroupement et de cross-docking en « tri-tempé- ratures » (surgelés, frais, sec), avec une massifica- tion du transport aval. Un schéma qui existe depuis 20 ans pour des organisations dédiées de type McDonald’s (LR Services) ou Transgourmet, mais qui commence seulement à arriver chez les prestataires. « L’effet recherché de la tri-tempéra- ture est d’avoir une régularité de livraison et de
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commandes, deux à trois fois par semaine, même si une des trois températures a une activité beaucoup plus forte que les autres, grâce à la massification des coûts », fait remarquer Philippe Deliège. Le pro- blème de la tri-température est qu’elle requiert aussi des investissements en matière de véhicules dotés de cloisons longitudinales (30 % plus chers en moyenne), afin de ne pas être obligés de sortir des palettes sur le trottoir lors de la tournée de livraison.
Massifier les flux amont
Plus en amont, on peut également imaginer concentrer les volumes de plusieurs industriels sur un même entrepôt régional pour mutualiser la traction, c'est-à-dire le flux inter site vers les entrepôts d’autres régions, afin d’éviter aux industriels de gérer des flux directs de ramasse sur tout le territoire. « Dans la chaîne logistique sur- gelés, le transport compte généralement pour deux tiers des coûts et l’entreposage pour un tiers. Le gisement d’économies le plus important est donc le transport », rappelle Sébastien Bossard, Direc- teur Commercial du réseau Sofrilog, dont l’ap- proche est justement de proposer à ses clients la consolidation de leurs flux, amont ou aval, via des points de massification régionaux et un schéma de groupage en ligne multi clients pour le transport aval, en évitant de passer par des plates- formes de redistribution. Un tel schéma a du sens pour livrer les plates-formes de la grande distri- bution et les autres points de masse, mais ce n’est pas le cas de la distribution « fine », comme la RHF ou les réseaux de boutiques pour lesquels
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