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Jean-Jacques Le Calvez, PDG du groupe Le Calvez
Sofrilog propose des solutions de redistribution via son réseau de 44 plates-formes depuis les- quelles partent chaque jour de multiples tournées de livraison. C'est notamment le cas en région parisienne, avec plus de 25 tournées quotidiennes au départ de Sofrilog Distribution Rungis. Des acteurs plus régionaux se mettent aussi au concept de mutualisation. « Nous avons récem- ment créé, à notre initiative, un véritable centre de consolidation à Argentan (Basse-Normandie) où nous avons réuni trois industriels qui ont les mêmes réseaux de distribution et pour lesquels nous massifions la distribution terminale des sur- gelés vers les mêmes destinations, avec un plan de transport commun. Cela génère des économies, pour eux comme pour nous et c’est un processus qui pourra être dupliqué à 100 % », précise par exemple Jean-Jacques Le Calvez, PDG du groupe éponyme.
Philippe Deliège, Fondateur de la société de conseil Accéder
Des « hubs » européens multi métiers La mutualisation est également au cœur des sché- mas logistiques à température dirigée (surgelés, frais ou thermosensible) proposés par Stef-TFE, en complément des plates-formes dédiées. Selon Jean-Charles Fromage, son Directeur Général Délégué, il y a deux grandes catégories de sché- mas mutualisés. « Le premier schéma est le multi métiers mutualisé, ce sont d’énormes sites multi clients qui traitent entre 200.000 et 500.000 t par an en expédition, souvent utilisés pour l’in- dustrie alimentaire vers les bases de grande dis- tribution. Pour que cela fonctionne, il faut que les contraintes soient compatibles (températures, délais et fréquences de livraison), avec une taille critique qui permet de livrer soit en camion com- plet, soit un à trois destinataires avec des délais
Le MIN de Rungis plaque tournante des grossistes et de la distribution hors foyer dans le frais
compatibles. Ce type d’organisation est en crois- sance au sein du groupe. Nous nous sommes dotés d’une série de hubs européens à Bruxelles, Paris, Lyon, Milan, Barcelone, Madrid et Lisbonne ». L’autre schéma de mutualisation, l’organisation multi métiers massifiée, est plus classique. Il s’ap- puie notamment sur le réseau national de grou- page du prestataire en proposant une gamme de solutions extrêmement large, de l’entreposage au cross-docking, et du transport en groupage ou en charge complète. « La différence avec le schéma précédent, c’est qu’il s’agit d’une solution stan- dard, normée. C’est le prestataire qui définit le service et le propose à ses clients. Ce qui fait la différence, c’est la couverture géographique et la rigueur dans l’exécution », affirme Jean-Charles Fromage.
Transporter autrement
Au final, cette démarche vers la massification et la mutualisation va dans le sens du développe- ment durable en minimisant les kilomètres à vide. « Dans le frais et le froid, les coefficients de chargement moyens sont plutôt de 80 %, soit 25 palettes par camion. On peut encore mieux optimiser les chargements, c’est d’ailleurs tout l’intérêt du multi températures, avec des copro- duits qui augmentent le coefficient de charge- ment », insiste Philippe Deliège. Certains indus- triels (comme le groupe Bel, voir article page 36) vont même plus loin dans leur volonté de réduire
leurs émissions de CO2 en expérimentant des solu- tions de transport combiné. Une démarche multi- modale qui pourrait conduire à terme à repenser en profondeur la cartographie existante des flux. La logistique du froid ne cesse de se réinventer. ■ JEAN-LUC ROGNON
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N°58 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - OCTOBRE 2011
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