RETOUR D’EXPÉRIENCE SUITE DE LA PAGE 56
6. Le négatif de The Artist est stocké à Saint-Cloud jusqu’à trois mois après sa sortie en salles le 12 octobre 2011.
8. Vieilles bobines de son à restaurer, prêtes à expédier depuis Vatry chez Quinta Industries.
7.Rayonnage à plat à Vatry.
actrice, scénariste, réalisatrice et productrice
Brit Marling,
Le numérique démocratise le cinéma
Le réalisateur Todd Solondz Le réalisateur Mike Cahill L’actrice Shirley MacLaine
Le réalisateur Okpeaha MacLean
La révolution numérique était pour la première fois sur toutes les lèvres au festival du film améri- cain, qui s’est tenu du 2 au 11 septembre à Deau- ville. Les réalisateurs Todd Solondz, Mike Cahill et l’actrice et productrice Brit Marling s’accordent sur le fait que le numérique, tant au niveau du tournage que du montage ou de la post produc- tion, démocratise le cinéma et rend possible de nombreux films de jeunes réalisateurs qui n’au- raient pas vu le jour sinon… Le second conclut : « il y a ainsi plus de films : plus de mauvais films mais aussi des joyaux. ». La légende de l’âge d’or du cinéma, Shirley McLaine, regrette que les possibi- lités offertes par les effets spéciaux numériques le soient au détriment des scénarios : « Je suis fati- guée d’attendre dans une salle de cinéma que quelque chose m’explose à la figure en 3D. Les nouvelles tech- nologies sont dangereuses dans le cinéma… comme dans la vie. » Andrew Okpeaha MacLean, réalisa- teur du film en compétition On the Ice, tourné en Alaska, s’est déclaré obligé de tourner avec des pellicules à cause du grand froid (jusqu’à –25°C) que ne peuvent supporter des caméras numé- riques… Des conditions météo difficiles comme seul espoir d’avenir pour le 35 mm ?
Le patrimoine stocké à Vatry Le film est stocké numériquement sur SAN ; le client y a accès en ligne pour une durée de un à trois ans. Pour le stockage de longue durée du patrimoine filmique sur pellicule, Quinta Industries fait appel depuis octobre 2008 à un entrepôt dans la zone aéroportuaire de Vatry, opéré par Entrepodis, filiale de Veolog qui prendra son nom dès 2012. Avec une température moyenne de 19°C, il n’est certes pas à la température conseillée de conservation des copies (9 à 10°C). Mais les clients ne sont pas prêts à mettre le prix ; l’entrepo- sage représente un coût annuel de 400.000 euros pour Quinta Industries, pour 5.500 palettes, près de 20.000 titres et deux millions de bobines (négatif, internégatif, bande son). Le film Boris Godounov d’Andrezj Zulawski fait par exemple 414 bobines. Edouard Sierocki, Directeur région Champagne-Ardenne de Veolog, indique : « Le stockage est du rayonnage à plat, plus coûteux pour cassettes et négatifs originaux (photo 7), et sur palette. Notre système de gestion d’entrepôt Logistics Manager v6 d’a-SIS gère les emplacements palettes. Les deux opérateurs en charge du dossier ont été formés au langage cinématographique. » Grâce à l’inventaire complet du film issu de la base de données de Quinta Indus- tries, ces derniers trouvent facilement la ou les bobines. Les chutes (scènes non utilisées au final dans le film) sont conservées pour des raisons historiques et pour réaliser les bonus des DVD et Blu Ray. Ainsi, la restauration actuelle du catalogue sonore de Pathé nécessite de rapatrier progressivement le stock de Pathé depuis Vatry (photo 8). On trouve à Vatry de vieilles bobines de films réa- lisés à partir de 1955. Le transport entre les sites de Quinta Industries et Vatry est effectué par AFTrans. Les films flamme de la période précédente, inflammables comme leur nom l’in- dique, sont stockés par le Centre Natio- nal du Cinéma (CNC) aux Archives Françaises du Film à Bois d’Arcy. « Bientôt nous allons former quelques opérateurs de Veolog à des tâches basiques de transfert numérique des films et fournir les machines ad hoc pour éviter les risques associés au transport de bobines, » annonce Younes Ali Chérif. ■ CHRISTINE CALAIS
58 N°58 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - OCTOBRE 2011
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