ENQUÊTE G M S
Stéphane Ghioldi, Directeur Associé chez Capgemini Consulting
d’efficacité opérationnelle et d’optimi- sation du coût du transport, mais éga- lement des ambitions stratégiques et commerciales liées à la possibilité pour les supermarchés et les magasins de proximité d’accéder à un référentiel de produits beaucoup plus large.
Coup de frein sur les flux tendus
Léandre Boulez, Associé
chez Diagma
Salamon, Fondateur du cabinet Argon
Yvan
Gilles Alais,
Responsable France
chez l’éditeur Barloworld SCS
Cette démarche multi-format du projet Caravelle n’est pas forcément une tendance générale dans la grande distribution. « Le débat mono-format/ multi-format existe chez toutes les enseignes, dans tous les pays, mais il n’existe pas de dogme universel. Cela dépend de la configuration commer- ciale, du mode de fonctionnement, du positionnement géographique, des familles de produits, de la stratégie des uns et des autres », prévient Yvan Sala- mon, Fondateur du cabinet Argon. En tout cas, l’approche multi-format a pour conséquence de donner un léger coup de patin à la course effrénée vers les flux tendus, avec de plus en plus de passages à quai (cross-docking). Expli- cation de Léandre Boulez, Associé chez Diagma : « Contrairement aux hypers et aux supers, il n’est pas possible ni souhaitable de livrer tous les jours un magasin de proximité, même en camion partiel. Le transit est coûteux en proximité car les fréquences de livraison ne permettent pas de syn- chroniser l’amont (le fournisseur) et l’aval (le magasin), à moins d’une désoptimisation et d’un surcoût du transport amont ». Structurellement, le commerce de proximité obligerait donc éventuellement à un retour à des flux stockés (avec des niveaux de stocks optimisés) dans certaines catégories de produits. « Je pense qu’on est en train de remettre en cause la tendance lourde d’il y a quelques années, de tout passer en cross-dock pour le sec. Ce dernier va devenir plus intelligent, moins dogma- tique », analyse Xavier Hua. D’autant que l’approche multi-format n’exclut évidemment pas de conserver des sites spécialisés par nature de produits (ambiant fortes rotations, frais, brasse- rie, faibles rotations, non-alimentaire, surgelés, etc.). « Cela ouvre des pers- pectives de segmentations assez fines, qui ne sont pas uniquement liées aux
38 N°93 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - AVRIL 2015
caractéristiques des produits, mais qui prennent en compte la fiabilité des fournisseurs, leur capacité à livrer et les délais d’approvisionnement. La pré- sence de tel produit dans un circuit donné peut être amenée à évoluer », détaille Yvan Salamon.
L’approche des tensions de flux différenciées
« Le dogme qui consisterait à livrer de tout, tous les jours, en J+1 n’a aucun sens. En revanche, la démarche de rechercher pour chaque type de pro- duits le bon niveau de flux qui garan- tira sa disponibilité avec un minimum de stock a déjà fait ses preuves, dans le secteur du frais, pour lequel des ten- sions de flux différenciées ont été mises en place en fonction des contraintes de périssabilité des produits. C’est une approche plus rare dans les produits secs, mais qui peut parfaitement être mise en place », observe Feridun Akpi- nar. On peut aussi imaginer des sys- tèmes de réapprovisionnements basés sur une approche de cadencement. Elle peut être individualisée par groupe de magasins afin de mieux tenir compte des effets de taille et donc de la rota- tion. Une telle approche améliorerait grandement la productivité, aussi bien en magasin qu’en entrepôt, sans dégra- der la disponibilité. « Il y a encore d’énormes progrès à faire sur la dispo- nibilité en linéaires, et le Big Data va ouvrir considérablement le champ des possibles en matière de capacités de traitement des données et de flux d’in- formations, de captation de signaux faibles permettant d’anticiper des évè- nements au niveau local », confirme Stéphane Ghioldi. Et la montée en puissance de l’omni-canal vient com- plexifier sérieusement la donne. Dans ce domaine, les synergies à trouver ne se trouvent pas forcément sur une transformation des schémas logis- tiques, mais sur une optimisation de l’approvisionnement, des catalogues, des référentiels et des assortiments. Il semble que cette étape n’ait pas encore été tout à fait franchie, en tout cas chez les grands distributeurs de l’Hexagone (voir encadré page 40) dont la non- flexibilité du système d’information reste encore bien souvent le point blo- quant. Une des grosses problématiques
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