Les défis suite
39. Les syndicats des transports – qui constituent l’un des remparts du mouvement syndical mondial – sont les premiers visés par ces attaques. C’est par exemple le cas avec la nouvelle offensive visant la libéralisation des services, notamment dans les transports, au moyen d’un grand accord international plurilatéral sur le commerce des services.
Défis et perspectives pour les syndicats des transports
« Les emplois garantissant les droits du travail, une couverture sociale et un revenu décent contribuent à une croissance plus stable, renforcent l’intégration sociale et réduisent la pauvreté. » Déclaration des dirigeants du G20, Los Cabos, juin 2012
40. Certains gouvernements commencent cependant à admettre qu’un marché de l’emploi offrant des emplois décents est le chemin à suivre pour retrouver la croissance. D’autres reconnaissent que les services de transport sont essentiels à cette croissance. Des politiques différentes, fondées sur l’investissement dans les systèmes de transport nationaux, ont déjà été couronnées de succès dans certaines régions d’Amérique latine.
41. Parallèlement à cela, certaines évolutions donnent l’occasion aux syndicats des transports de gagner en puissance. Les multinationales intègrent plus que jamais les personnels des transports en des chaînes mondiales de distribution. À mesure que celles-ci évoluent, de nouveaux goulets d’étranglement font leur apparition. Les groupes de personnels des entrepôts portuaires, par exemple.
42. La tendance à la visibilité des chaînes d’approvisionnement donne également aux syndicats des transports la possibilité de se rapprocher des travailleuses et travailleurs de la production et de la vente, et de cibler collectivement les grandes entreprises qui sont les véritables employeurs. Les accidents et incendies d’usines relayés massivement par les médias ont braqué les projecteurs sur la responsabilité sociale des entreprises. Les syndicats peuvent mener des campagnes en faveur des normes à appliquer.
43. Les syndicats des transports peuvent mettre à profit leur influence sur les fonds de pension mondiaux pour favoriser l’établissement d’une nouvelle vision des investissements, fondée sur des emplois durables qui construisent les communautés. Ils peuvent œœuvrer à des normes équitables tout au long des chaînes de production et de distribution. Pour des enjeux plus
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généraux comme le changement climatique, jusqu’aux problèmes urgents comme la menace pour la sécurité posée par les pavillons de complaisance dans le secteur aérien, des solutions politiques mondiales ayant les syndicats pour moteur s’imposent clairement.
L’offensive sur les services publics
44. Les services publics sont plus que jamais en première ligne du combat contre la libéralisation et la mondialisation. Les mesures d’austérité adoptées en réponse à la crise financière de 2008 ont intensifié l’offensive sur les services publics, notamment dans les transports.
« En Europe et en Amérique du Nord, les infrastructures de transport, en sous-investissement depuis toujours, atteignent un point de rupture. Depuis 15 ans, les investissements dans les transports terrestres sont de 20 % inférieurs aux niveaux des années 80. » Enquête de l’ITF
45. Le secteur public subit une contraction sans précédent, à une époque où les villes du monde entier connaissent pourtant une expansion rapide. Ces villes ont besoin d’une planification urbaine responsable et intégrée pour l’aménagement du territoire, la sécurité publique, les services de santé et d’assainissement, la protection environnementale, et des transports en commun abordables, sûrs et efficaces. L’offensive sur les services publics est plus qu’une mise à mal des services vitaux ; elle compromet l’obligation de rendre des comptes à la population, la planification pour le bien collectif, l’accès équitable aux ressources, le droit à la mobilité, le soutien à l’économie locale et la pérennité environnementale. C’est un haro lancé sur les normes opérationnelles et de sécurité, et sur l’emploi décent – autant d’aspects mis en péril quand les services publics sont exploités par des sociétés privées dans un but lucratif.
46. Que cela soit par une prise de propriété directe ou par l’acquisition de filiales, la privatisation a fait glisser l’exploitation des transports publics vers les sociétés privées, notamment un cortège de multinationales comme National Express et Veolia. Ces sociétés se détournent des lignes non rentables, et estiment qu’il n’est pas de leur responsabilité de répondre à des besoins sociaux si elles n’ont rien à y gagner.
47. Les nouvelles venues s’opposent à l’organisation des travailleuses et travailleurs en brisant les syndicats sans aucun état d’âme. Leurs frais d’exploitation réduits
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