conspirationnisme. Dans un article intitulé « The Quiet Coup », publié en 2009 dans The Atlantic, il soutient que le plan de sau- vetage visait à tirer d’affaire les banquiers, et non à éviter une déroute économique. Entre ces analyses et une vision conspirationniste de la haute
finance, il n’y a qu’un pas. Un pas qu’a franchi Pierre JC Allard, économiste, avocat et auteur de l’ouvrage Crisis and beyond : « Les dés sont pipés. » Les oligarques, qui tirent les ficelles à Washington et à la Réserve fédérale, auraient transformé le système monétaire en farce. Washington et la Réserve fédérale, aux mains des tout-puissants? Serions-nous revenus au registre délirant du Nouvel Ordre mondial de Pat Robertson? Simon Johnson apporte de l’eau au moulin dans son article. À Washington, en pleine crise, il a été témoin d’une situation décriée par le Fonds monétaire international dans les pays en développement : une déroute financière créée par des oli- garques que le FMI doit combattre pour sauver un État en détresse. Mais aux États-Unis, ils sévissent impunément.
La paranoïa s’installe Non contents de s’en prendre aux institutions financières fédé- rales, les vigiles américains s’attaquent à d’autres cibles : francs-maçons, catholiques, mormons, haute finance, pouvoirs publics, juifs, communistes et, récemment, musulmans y passent. Le conspirationnisme serait-il pour autant une marotte réservée aux Américains? Sûrement pas. Pourtant, le complotisme s’inscrit bel et bien
dans l’ADN américain. À preuve, la Déclaration d’indépendance, l’un des documents politiques les plus solennels de l’histoire, une véritable leçon de conspirationnisme, selon M. Uscinski. À la noble rhétorique succède une série loufoque de thèses fumeuses sur le roi d’Angleterre, soupçonné de manigancer pour priver les colons de leur liberté et les assujettir à son auto- rité absolue. Il est curieux et significatif que l’indépendance du pays soit ancrée dans une théorie bancale du complot, observent MM. Uscinski et Parent. (Les conspirations auraient- elles parfois des issues heureuses?) La naissance des États-Unis dans la paranoïa met en
lumière un trait distinctif des théories complotistes, qui suivent les flux et reflux du pouvoir politique. On a attribué ces théories à divers facteurs : diffi- cultés économiques, bouleversements sociaux, appareils étatiques surdéveloppés. Aucun ne tient la route. Par exemple, la Grande Crise n’est nullement associée à la montée d’un scepticisme outrancier. Les hauts et les bas du conspirationnisme s’ex- pliquent plutôt sous le prisme du pouvoir en place et des menaces perçues. C’est le parti du président élu qui
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