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Éthique et réalités C’est la vie


KAREN WENSLEY L


A CONDUITE ÉTHIQUE est habituellement motivée par un certain degré d’indignation. Mais bien malin qui peut comprendre ce qui pousse quelqu’un à agir. Par exemple,


nous pouvons rester de marbre devant un sans-abri, tandis que nous nous précipitons pour aider un animal blessé. Nous regret- tons que la Ligue nationale de hockey ignore les effets des commotions cérébrales sur la santé des joueurs, mais nous fermons les yeux sur les dangereuses conditions de travail de mineurs africains embauchés par une société canadienne. Selon Thomas Jones, professeur à l’Université de Washington,


plusieurs facteurs influent sur ce qu’il appelle l’« intensité morale ». Par exemple, plus la personne lésée est proche de soi, plus grande serait l’intensité de la réaction. À cette échelle, les hockeyeurs canadiens comptent donc davantage que les mineurs africains. Parmi les autres facteurs, citons l’ampleur du tort causé et l’immédiateté de ses conséquences, la probabilité que le tort survienne et le fait que le groupe social dont on fait partie considère le geste posé comme étant contraire à l’éthique. En discutant avec mes étudiants des avantages de la dénon-


ciation et des lignes téléphoniques anonymes, j’ai décidé de mesurer l’intensité morale de certains enjeux qui pourraient les toucher. Je leur ai demandé, en supposant l’existence d’une ligne téléphonique anonyme, s’ils utiliseraient ce dispositif d’alerte dans les situations suivantes : 1. Un étudiant vend des opiacés illicites à ses condisciples (je leur ai rappelé l’effet létal des drogues contenant du fentanyl). 2. Un étudiant obtient une copie de l’examen de mi-session et


la vend 500 $. 3. La présidente de l’association étudiante pige dans la caisse pour une fête avec ses amis (dont vous ne faites pas partie). À noter : mes étudiants étaient unanimes à juger ces gestes


contraires à l’éthique. Plusieurs ont dit qu’ils dénonceraient le coupable dans les trois cas. Je me serais attendue à ce que la majorité d’entre eux dénoncent la vente de drogue, étant donné la gravité du tort potentiel, puis le vol de l’examen – tricherie injuste et dommageable pour le programme d’études – et le détournement de fonds. Or, dans mes deux cours, c’est le détour- nement de fonds qui a le plus révolté, bien que j’aie rappelé aux étudiants qu’il s’agissait d’une somme négligeable : si la cotisa- tion à l’association est de 50 $ par étudiant, la présidente n’a détourné que quelques dollars de chaque cotisation. La vente de drogues illicites a recueilli le plus faible taux de dénonciation : certains disaient que cette dénonciation n’aurait aucun effet, puisque ceux qui veulent des drogues en trouveront toujours.


24 | CPA MAGAZINE | SEPTEMBRE 2017


Quant au vol d’examen, les étudiants, plutôt résignés, considé- raient ce geste comme une réalité de la vie universitaire et expri- maient une certaine réticence à dénoncer un autre étudiant. Avant de condamner cette génération d’étudiants universi-


taires à l’éthique douteuse, interrogeons-nous sur notre propre réaction à la criminalité en col blanc. Du scandale de Tyco, je me souvenais seulement que Dennis Kozlowski avait détourné 6 000 $ US pour s’acheter un rideau de douche. Mais j’ai dû faire quelques recherches pour me rappeler que les actionnaires ont empoché près de 3 G$ US à la suite du règlement d’un recours collectif… Même chose pour Chip Wilson, PDG de Lululemon : si vous demandez aux gens pourquoi il a démissionné, ils men- tionneront sans doute ses commentaires désobligeants à l’endroit des femmes enveloppées qui portaient ses pantalons. Nous gardons en mémoire des détails insignifiants, mais qui symbolisent parfois le profond mépris que ces PDG éprouvent à l’égard des actionnaires et des clients de leur société. Je crois qu’il est plus facile de s’élever contre le comportement


d’une seule personne, surtout si celle-ci est en position d’auto- rité. Les pires torts, cependant, sont causés par des problèmes systémiques, difficiles à comprendre et encore plus à régler. Et devant lesquels, malheureusement, nous sommes nombreux à hausser les épaules en concluant que « c’est la vie ».


KAREN WENSLEY, MBA, est chargée de cours en éthique professionnelle à l’Université de Waterloo et associée retraitée d’EY. On peut la joindre à karen@wensley.ca.


Photo : Jaime Hogge


Illuustration : Mark Airs/Ikon/Getty


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