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Au travail


à effectuer une tâche qui devrait leur prendre 20 minutes). Ils se torturent l’esprit pour des détails, s’imposent une foule de choses à faire et peuvent récrire sans fin un document ou un courriel pour qu’il soit parfait. M. Ambrose a vu poindre en lui-même


certains de ces traits, dont la frustration, la crainte et l’anxiété. Perfectionniste, il éprouvait le besoin de faire en sorte que tout son travail témoigne de ses grandes compétences comptables. Il se sentait obligé de mettre en forme tous ses rapports de manière identique pour les rendre esthétiques et uniformes, et de les livrer sans la moindre minute de retard, en plus de veiller à ce que le contenu soit exact, avec force renvois. Il s’était persuadé que, pour se démarquer comme comptable, il devait donner à son travail un aspect très précis. Aujourd’hui, M. Ambrose enseigne


la comptabilité à la Haskayne School of Business de l’Université de Calgary. Fort de ses années d’expérience de travail, il sait reconnaître rapidement les tendances perfectionnistes et s’interdit de céder à ses anciennes habitudes. « J’ai mis des années à me rendre compte que j’employais mal mon temps. Au point où je ne voulais même plus aller travailler parce que c’était épuisant. » Il a fini par constater que, à long terme, il était moins efficace, consacrant plus de temps à l’aspect visuel qu’à la teneur de son travail. « En début de carrière, je confondais souci du détail et perfectionnisme; mais je me suis rendu compte ensuite qu’il s’agissait de deux choses très différentes. » Il a aussi l’impression de s’être privé de certains avantages du travail d’équipe. « J’aurais dû passer du temps à collaborer et à produire le meilleur contenu possible résultant du travail d’équipe. » Les perfectionnistes ressentent aussi


le besoin de contrôler, observe Patrick McGrath, directeur clinique du Center for Anxiety and Obsessive Compulsive Disorder (centre de traitement de


20 | CPA MAGAZINE | SEPTEMBRE 2017


l’anxiété et du trouble obsessif-compulsif) de l’Illinois. « Comme ils redoutent le jugement, ils veulent contrôler ce que les autres pensent d’eux. Ils ont l’impression que, en se fixant des normes très élevées, ils ne laissent à personne la possibilité d’avoir d’eux une opinion négative. »


Quand le perfectionnisme nuit Le besoin constant de perfection ne fait pas que contribuer à divers problèmes de santé mentale (anxiété, dépression ou trouble obsessif-compulsif). Une étude suédoise publiée en 2013 indique que plus de 70 % des parents de garçons et de jeunes hommes qui s’étaient suicidés ont révélé que leur fils s’imposait des exigences et des attentes « extrêmement élevées ». Selon une autre étude (2010) menée par des chercheurs de l’Université Trinity Western à Langley (C.-B.), les personnes aux tendances perfectionnistes très marquées courent un risque de décès de 51 % supérieur à la moyenne. Au bureau, le perfectionnisme peut


nuire grandement lorsqu’il affecte les gestionnaires ou les cadres supérieurs. Par exemple, il amène des dirigeants à assumer eux-mêmes une grande partie du travail, sans déléguer, de crainte que leurs subalternes ne puissent bien faire leurs tâches. D’autres perfectionnistes travaillent à toute heure, doutent de la qualité de leur travail ou s’irritent des jugements négatifs qu’ils croient percevoir à leur endroit. Selon M. Ambrose, le perfectionnisme pousse aussi certains gestionnaires à imposer aux employés leur souci de la perfection. « Pour un comptable, surtout en début de carrière, atteindre la norme de “perfection” est un objectif très difficile à réaliser, souligne-t-il. S’il tente d’y arriver, il risque de souffrir de stress, de frustration et d’épuisement professionnel. » Enfin, lorsque les perfectionnistes


n’atteignent pas la précision recherchée, ils peuvent se mettre à éviter certaines situations (présenter un exposé, négocier


une acquisition, etc.) où le niveau de méticulosité auquel ils aspirent est hors de portée. Dans les cas extrêmes, ils quittent leur emploi. Pourquoi rester s’ils ne peuvent être impeccables?


Faire de son mieux, simplement Heureusement, nul besoin d’être perfectionniste pour faire de son mieux. Il ne s’agit pas pour autant de se contenter de la médiocrité. Mais le fait de travailler dur et de tout mettre en œuvre pour faire du bon travail (que ce soit conseiller un nouveau client, effectuer une recherche pour un supérieur ou simplement rédiger un courriel) n’entraîne pas les mêmes effets nuisibles que tenter d’atteindre la perfection. Mieux encore : les employés qui ne craignent pas l’imperfection sont moins rigides, moins méfiants, moins stressés, moins critiques et plus sûrs d’eux; ils ont des attentes réalistes et sont plus ouverts à la collaboration. Tout compte fait, la perfection au


travail, comme dans la vie, est aussi précaire qu’inaccessible. « Je comprends et reconnais les signes », affirme M. Ambrose, qui tente d’inculquer à ses étudiants la distinction entre faire de son mieux et viser constamment la perfection. Il lui arrive encore d’être hanté par l’obsession. « Je dois parfois me rappeler de ne pas me laisser dévorer. J’ai réussi à décompresser un peu et à mieux profiter de la vie. » Cet ancien perfectionniste a appris qu’il n’y a pas de plus grande richesse que le temps. « Je me privais d’une foule de choses. Au lieu de dîner en famille ou de fêter un anniversaire entre amis, je tentais d’harmoniser les couleurs d’une présentation PowerPoint ou le format de cellules Excel. » Il se concentre maintenant beaucoup plus sur la teneur de son travail et la satisfaction de ses clients. « Ne laissez pas une tâche vous engloutir; ne vous perdez pas dans ce tourbillon. Faites de votre mieux et livrez- vous à des activités qui vous comblent. » — Dexter Brown (avec la collaboration de Martha Beach)


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