Au travail
GESTION
Personne n’est parfait
On pourrait croire que les perfectionnistes sont d’excellentes recrues. Mais, souvent, le perfectionnisme nuit aux résultats au lieu de les servir. Voici ce qu’il faut savoir sur la méticulosité excessive et comment en venir à bout.
DARRIN AMBROSE a senti le perfection- nisme s’insinuer en lui au début de sa carrière. Alors l’un des plus jeunes comp- tables du cabinet où il travaillait, il croyait devoir viser la perfection pour faire ses preuves. « Je consacrais beaucoup trop de temps et d’énergie à des choses sans importance. Je voulais que tout soit parfait : les échéances, la mise en forme, les chiffres. » Si l’on taxe couramment (mais à
tort) de perfectionnisme une personne qui a simplement des normes élevées (ce que certains appellent le « bon perfectionnisme »), le « perfectionnisme clinique », lui, peut être très nuisible et il touche plus de gens qu’on serait
18 | CPA MAGAZINE | SEPTEMBRE 2017
porté à le croire, affirme Martin Antony, professeur de psychologie à l’Université Ryerson à Toronto et coauteur de When Perfect Isn’t Good Enough. Chez certains, le perfectionnisme
prend la forme d’une méticulosité extrême. Dans la plupart des cas, une personne se fixe des normes extrêmement élevées, qu’elle perçoit arbitrairement comme étant « tout juste correctes ». Souvent, elle éprouve la crainte de l’échec et du jugement – en surestimant les conséquences négatives d’un manquement à ses normes –, et une anxiété extrême liée aux incertitudes de la vie courante. À ses yeux, seule l’excellence est acceptable et une catastrophe
pourrait se produire si tout n’est pas irréprochable. « Le phénomène peut être plus ou moins prononcé, explique M. Antony. L’intensité des tendances perfectionnistes peut varier, de même que leur incidence. Certains en bénéficient, d’autres s’en trouvent paralysés. » D’après les experts de l’organisme
Anxiety BC, le perfectionnisme peut rendre anxieux, frustré, coléreux et déprimé. Les perfectionnistes sont enclins à porter des jugements catégoriques (« Si j’ai besoin d’aide, c’est que je suis faible. »), à tout dramatiser (« Si je fais une erreur devant mes collègues, je ne survivrai pas à cette humiliation. »), à surestimer les probabilités (« Si je prends deux jours de maladie, mon patron pensera que je suis un paresseux. ») et à s’autoaccuser (« J’aurais dû prévoir ce problème avant qu’il ne survienne. »). Ce sont aussi de grands procrastinateurs : ils ont du mal à terminer leur travail et sont exagérément prudents (ils peuvent mettre des heures
Jeannie Phan
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