Francs-maçons, juifs, catholiques, musulmans, mormons, communistes, gens de la haute finance, pouvoirs publics… Les complots n’épargnent personne.
l’administration publique américaine, à la demande de John Pierpont Morgan, « chef incontesté de Wall Street », rapporte Neil Irwin, auteur de l’ouvrage The Alchemists: Three Central Bankers and a World on Fire, cité en 2013 dans le Washington Post. Ces ploutocrates entendent protéger les États-Unis des crises
qui secouent le pays avec une régularité alarmante : 1884, 1890, 1893 et, la plus dévastatrice, 1907. Ils ébauchent alors ce qui deviendra la Federal Reserve Act de 1914. Voilà posées l’intrigue et les intentions avouées de ses instiga-
teurs. Qu’en est-il de la théorie complotiste? Dans son analyse intitulée Century of Enslavement: The History of the Federal Reserve, parue sur son site Web, James Corbett, natif de Calgary, explique que la loi mijotée par les conspirateurs de l’île de Jekyll a valu aux banques de cartelliser la masse monétaire du pays. Un des participants à la rencontre, affirme M. Irwin, aurait écrit bien plus tard que si les citoyens avaient su que le groupe
s’était concerté pour ébaucher un texte législatif sur les banques, celui-ci n’aurait jamais pu être avalisé par le Congrès. M. Corbett laisse entendre que l’adoption de la loi, télécom- mandée par Wall Street, s’est faite en un tour de main. Or, le projet s’est heurté à une opposition féroce. Les « machina- tions », qui visaient à donner aux banquiers la haute main sur la masse monétaire, ont été largement déjouées. Aujourd’hui, la « Fed » s’est taillé une place de choix dans le
nouvel ordre mondial évoqué par M. Corbett. Un ordre loin de rappeler les organisations monolithiques de l’Antéchrist dénon- cées par le télévangéliste Pat Robertson. Les positions de M. Corbett s’apparentent davantage à celles que David Rothkopf décrit dans son étude de 2008, Superclass: The Global Power Elite and the World They Are Making. On y présente une coterie de quelque 6 000 notabilités qui mènent la barque. Sans consti- tuer un groupe homogène qu’oriente une visée unique, leurs positions pèsent plus lourd que celles de n’importe quel État, a expliqué M. Corbett, joint à son domicile du Japon par CPA Magazine. Alors, la Federal Reserve Act, simple texte de loi sur les
banques ou sombre complot mercantile? Certains hésitent. Les efforts des banquiers ont-ils été couronnés de succès? Ont-ils réussi à fonder une puissante institution, vouée à la défense de leurs propres intérêts plutôt que du bien public? Dans le sillage de la crise de 2008, Ben Bernanke, président de la Fed, a pourtant martelé que son unique objectif restait le « sauvetage » de l’économie. Malgré tout, nombre d’obser-
vateurs dignes de foi opposent leur démenti. C’est le cas de Simon Johnson, ancien écono- miste en chef du Fonds moné- taire international, que l’on peut difficilement accuser de
SEPTEMBRE 2017 | CPA MAGAZINE | 41
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