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4 % des Américains y croient », soit 12,6 millions de personnes. Quand même! Les supposées manigances des reptiles se rattachent à


d’autres thèses conspirationnistes à l’épreuve du temps, fondées sur la croyance à un projet censément secret d’empire fasciste planétaire, évoqué dans les sinistres intrigues des Illuminati, du Nouvel Ordre mondial et des Protocoles des Sages de Sion. La conspiration du Nouvel Ordre mondial s’impose comme


la principale offensive d’asservissement de l’espèce humaine. Dans The New World Order, ouvrage à succès paru en 1991, le télévangéliste Pat Robertson a rabouté les ficelles de ces mani- gances, qu’ourdissent divers acteurs. Sont montrés du doigt, pêle-mêle, Wall Street, la Réserve fédérale, le Council on Foreign Relations, le groupe Bilderberg (rassemblement discret de personnages influents) et la Commission trilatérale (autre orga- nisme influent, qui réunit en coulisses des grands de ce monde). Des puissances occultes qui déclenchent à leur gré des guerres ou des crises pour mettre l’humanité à genoux, sous l’emprise d’une dictature mondiale vouée à l’Antéchrist. Contrairement aux machinations reptiliennes d’Icke, la


plupart des théories conspirationnistes ne sont ni interstellaires ni même planétaires. Plutôt prosaïques, elles restent d’ordre régional. Les élucubrations autour de l’assassinat de JFK en seraient l’exemple le plus classique. « Les passions se déchaînent, plus que jamais », soutient Nicolas Fillion, professeur de philoso- phie à l’Université Simon Fraser, spécialiste du complotisme. « Pour un peu plus de la moitié des Américains, l’assassinat


de Kennedy n’est pas l’acte isolé d’un tireur solitaire », affirme M. Fillion. Dans un sondage national de 2012, 63 % des répon- dants donnaient foi à au moins l’une des quatre théories complotistes présentées, expliquent Joseph Uscinski et Joseph M. Parent dans leur ouvrage American Conspiracy Theories. Même le monde des affaires ploie sous son lot de thèses conspirationnistes. Dans les années 1990 et au début du millénaire, certains chuchotaient que l’industrie pétrolière aurait étouffé l’invention d’une automobile carburant à l’eau. Son créateur aurait été kidnappé par Exxon. Si le moteur à l’eau défie les règles de la physique, il existe des véhicules électriques propulsés par une batterie à combustible oxygène-hydrogène, dont le seul rejet est de l’eau. Une réalité, qui explique peut-être le mythe.


Retour à la raison Les complotistes invétérés ne manquent pas. Seraient-ils sous l’emprise de troubles psychologiques? Faut-il en conclure que 63 % des Américains divaguent? Selon une étude fondée sur des millions de messages


publiés sur le Web par des conspirationnistes et citée par M. Fillion, les adeptes des intrigues étayent leurs thèses


40 | CPA MAGAZINE | SEPTEMBRE 2017


farfelues par de prétendues preuves, assorties d’arguments. « Leurs positions se veulent bâties sur des faits. On ne peut pas en dire autant des positions de tout le monde. » « Ils nous renvoient notre propre analyse », observe


Matthew R. X. Dentith, de l’Institut de recherche en sciences humaines de l’Université de Bucarest, auteur de l’ouvrage The Philosophy of Conspiracy Theories. Comme la plupart des recherches sur le complotisme postulent que les positions adoptées sont irrationnelles, « nous devons expliquer pourquoi les conspirationnistes agissent dans l’irrationalité ». Les derniers travaux sur la question tentent d’éliminer


certains partis pris. Karen Douglas, professeure de psycholo- gie sociale à l’Université du Kent, en Angleterre, propose une définition neutre de la teneur des théories conspirationnistes : tout prétendu complot fomenté, à des fins malveillantes, par un groupe secret et influent. Une vision qui rallie sous un même étendard une large popu-


lation conspirationniste : hommes et femmes, démocrates et républicains, Blancs et Noirs, qui partagent certains traits. Selon MM. Uscinski et Parent, ils seraient moins nantis, moins instruits, moins actifs dans l’arène politique, moins allergiques à la violence que la moyenne. Des Américains qui « mériteraient leur réputation d’anticonformistes ». (De prétendus marginaux qui pourraient pourtant former une majorité de 63 %.) Les théoriciens du complotisme, comme MM. Fillion et Dentith, n’examinent la question que sur le plan épistémolo- gique. « Il s’agit d’une théorie (ou d’une hypothèse) qui peut être vraie ou fausse, comme en science », avance M. Fillion. Pour distinguer la science de la pseudoscience, le philosophe Karl Popper proposait la « réfutabilité ». Toute théorie scientifique doit s’appuyer sur des conditions vérifiables, qui pourraient conduire à sa réfutation : « Pour les théories, l’irréfutabilité n’est pas vertu, comme on l’imagine souvent, mais défaut. » Alors, Elisabeth II, grande prêtresse reptilienne de la


Fraternité babylonienne? Impossible de convaincre un adepte du contraire, la thèse étant invérifiable. Il s’agit donc d’une assertion non scientifique, vraisemblablement fausse. La CIA a-t-elle conspiré pour mener d’odieuses expériences sur la manipulation psychologique, pendant plus de 20 ans? Apparemment improbable, mais réfutable. Et pourtant authen- tique. Le projet MKUltra, considéré au départ comme une théorie du complot, a bel et bien existé. Il s’agissait d’adminis- trer du LSD à des prisonniers et à des malades mentaux pour leur extorquer des aveux. Les expériences ont pris fin en 1975.


Dr Jekyll et M. Lebanquier Certaines théories du complot flottent dans la zone grise entre vérité et délire. L’histoire de la création de la Réserve fédérale en constitue un exemple éloquent. En 1910, sur l’île de Jekyll – eh oui! – se réunissent en secret six grands de la finance et de


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