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Sur la scène canadienne DAVID DESCÔTEAUX Un jeu dangereux Cela dit, maintenir des taux d’intérêt au minimum – et, donc,


stimuler indirectement l’endettement – ne fera à long terme qu’aggraver les choses et rendre l’économie plus fragile face à une éventuelle remontée de ces taux. Un cercle vicieux, quoi!


nomie n’est pas en récession, ces mêmes banques tardent-elles à rehausser les taux? Parce que, comme le dit l’expression popu- laire, « elles se sont peinturées dans le coin ». Et si elles essaient d’en sortir, elles risquent de provoquer un beau gâchis! Ainsi, après avoir haussé deux fois son taux directeur l’été passé, la Banque du Canada a décidé de maintenir le statu quo en octobre (1 %). On est loin du 5,75 % du début des années 2000. Avec raison, la Banque s’inquiète notamment des consé-


A


quences de l’augmentation des taux d’intérêt sur l’endettement déjà élevé des ménages, car, depuis plusieurs années, celui-ci augmente plus rapidement que les salaires. Selon un sondage mené par l’Association canadienne de la paie, 31 % des Canadiens ont vu leur endettement croître en 2017, et 42 % des répondants disent que le remboursement de leurs dettes prendra plus de 10 ans, comparativement à 36 % en 2016. Le risque vient aussi de la composition de ces dettes. Puisque


le taux directeur de la Banque du Canada influe sur les offres des banques touchant les hypothèques à taux variable et les marges de crédit, et que les Canadiens ont justement choisi massivement ces produits au cours des dernières années, davantage de personnes seraient vulnérables en cas de hausse.


20 | CPA MAGAZINE | JANVIER 2018


PRÈS LA CRISE FINANCIÈRE DE 2008, les banques cen- trales ont abaissé les taux d’intérêt afin de favoriser la reprise. Mais pourquoi, 10 ans plus tard, alors que l’éco-


Pas inquiétant? De l’avis de certains économistes, le problème de l’endettement n’est pas si inquiétant que ça pour deux raisons. D’une part, des taux d’intérêt bas (et ils devraient le rester quelque temps encore) aident les consommateurs à réduire les paiements men- suels d’hypothèque ou de marge de crédit. D’autre part, ils permettent de garder sous contrôle le poids des actifs (comme la valeur d’une maison) par rapport aux dettes. Pourquoi? Parce que la bulle immobilière, entre autres, a fait gonfler – sur papier, rappelons-le – la valeur des propriétés. Du même souffle (si vous me permettez le jeu de mots), la bulle boursière gonfle la valeur des REER. En effet, les bas taux d’intérêt déprécient les rendements du marché obligataire et poussent les investis- seurs à acheter plus d’actions, ce qui explique en grande partie les sommets records des indices boursiers. Bref, l’équilibre financier des Canadiens tient à bien peu de


choses. La valeur du bilan, côté actifs, est virtuelle et peut changer. Il est fort possible que, dans un avenir pas si lointain, le prix des maisons stagne, voire chute. Le même danger guette la Bourse. Mais les dettes, elles, demeureront et continueront d’augmenter. Je ne veux pas jouer les Cassandre, mais si un changement


majeur devait survenir (perte d’emploi, séparation, hausse des taux hypothécaires, crise économique, etc.), nombre de Canadiens seraient vraiment en mauvaise posture. Ces personnes doivent garder en tête l’implacable loi de Murphy : « Ce qui peut mal tourner finira nécessairement un jour par mal tourner. » Voilà pourquoi la Banque du Canada joue un jeu dangereux


en gardant les taux d’intérêt si bas si longtemps. Un jour ou l’autre, les Canadiens devront réduire leur consommation à crédit et épargner davantage. Et la seule façon de les inciter à le faire, c’est de hausser les taux d’intérêt. À court terme, l’éco- nomie le payera cher, mais retarder cet ajustement ne fera qu’aggraver la situation.


DAVID DESCÔTEAUX est chroniqueur économique à Montréal. Il est aussi l’auteur de plusieurs livres, dont un récent guide de finances personnelles intitulé D’endetté à millionnaire.


Photo : Yanick Déry


Illustration : Geneviève Côté


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