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Fraude ARNAQUES EN TOUS GENRES


DAVID MALAMED


Une boîte noire met un frein aux réclamations douteuses


Il s’agit d’un dispositif télématique qui enregistre les données sur la conduite (vitesse, freinage, etc.) afin de réduire les primes d’assurance du conducteur, mais qui permet aussi de lutter contre la fraude liée aux accidents. L’organisme britannique Asset Protection Unit (APU), qui


C


ETTE ANNÉE, en Angleterre, une Vauxhall Astra a heurté l’arrière d’un camion qui avait freiné subitement. La petite voiture a été légèrement endommagée, alors que


le camion ne l'a pas été. Pourtant, les trois occupants du camion réclament à Aviva, l’assureur de l’Astra, 54 000 £ (99 000 $) pour des blessures qu’ils auraient subies lors de la collision, notam- ment un traumatisme cervical, aussi appelé « coup de fouet cervical » (whiplash). Le traumatisme cervical est une blessure difficile à écarter, et


c'est la blessure que les accidentés de la route britanniques rap- portent le plus souvent. « La Grande-Bretagne est devenue la capitale européenne du coup de fouet cervical », selon le cabinet d’experts en sinistres Watershed Claims Services Ltd. Le comité de la Chambre des communes britannique, qui est


chargé d’enquêter sur les réclamations frauduleuses, a constaté que « le nombre de réclamations pour blessures corporelles augmente, malgré une forte baisse du nombre de collisions. Une grande part de ces réclamations sont liées au coup de fouet cervical, et sont difficiles à évaluer ». Selon l’Association des assureurs britannique, 75 % des réclamations pour blessures corporelles à la suite d’accidents de voiture au Royaume-Uni portent sur un traumatisme cervical, comparativement à une moyenne de 40 % dans le reste de l’Europe. Les passagers du camion comptaient sans doute sur leurs prétendues blessures pour obtenir une indemnité, avant d’ap- prendre qu’une petite « boîte noire » était installée dans l’Astra.


50 | CPA MAGAZINE | OCTOBRE 2014


enquête sur les réclamations d’assurance suspectes, a analysé les données de la boîte noire relatives à la collision, survenue à basse vitesse, et a témoigné devant le tribunal qu’en raison des différences de taille et de poids des véhicules, les demandeurs n’avaient pu subir les blessures rapportées. Les réclamations ont donc été rejetées, et le conducteur de l’Astra a probablement évité une hausse de ses primes. « Selon l’APU, il était grand temps que les sociétés d’assurances disposent d’un outil per- mettant de prévenir les réclamations frauduleuses et de mainte- nir le niveau des primes », rapporte The Telegraph. « Les réclama- tions frauduleuses pour blessures corporelles font grimper le coût des primes d’assurance, observe Neil Thomas, représen- tant de l’APU. Par préméditation ou par opportunisme, de nom- breux fraudeurs tentent de soutirer des milliers de livres à des automobilistes vulnérables et à leur société d’assurances. » À l'instar d'autres assureurs, Aviva invite ses clients à installer


cette « boîte noire » dans leur voiture. Certaines sociétés vont même jusqu'à offrir une réduction de prime aux assurés qui se procurent cette boîte, voire une réduction supplémentaire aux conducteurs prudents. La télématique automobile « utilise des composantes maté-


rielles et logicielles et des dispositifs de communication à dis- tance (cellulaire, GPS, etc.) pour obtenir des renseignements sur les véhicules », écrit le spécialiste britannique Rupert Fallows. Elle fournit des données clés sur le comportement au volant, les avertissements de collision, la position, etc. Les données sont souvent recueillies et stockées par des entreprises comme IMETRIK Global Inc., une société montréalaise qui offre des services télématiques à certains assureurs canadiens. La technologie offre au secteur de l’assurance automobile


bien d’autres applications, mais en matière de détection de la fraude, elle fournit aux enquêteurs une foule de renseigne- ments non disponibles auparavant. Plusieurs porte-parole d’as- sureurs canadiens disent ne pas être au fait du rôle actuel de la télématique dans la lutte contre la fraude, mais tous entrevoient le rôle prépondérant qu’elle jouera bientôt en la matière. Certaines provinces, notamment le Québec et l’Ontario, uti-


lisent déjà des dispositifs télématiques, et d’autres provinces envisagent d’en faire autant.


Bloomberg/Getty


Photo : Jamie Hogge


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