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dences psychologiques assez fortes pour atté-
administrateurs de régime eux-mêmes. Et ceux qui com- mettent ces actes débordent d’imagination. Une demande de remboursement pour massage thérapeu-
tique peut cacher un soin de beauté en institut ou un séjour dans un spa, voire des faveurs sexuelles dans un salon de massage. Ou bien un remboursement pour des verres correc- teurs, peut servir en fait à payer de coûteuses lunettes de soleil. Les fournisseurs de services malhonnêtes gonflent volon-
tiers les prix et font semblant d’avoir fourni des soins ou des produits beaucoup plus chers. Ils sont souvent de connivence avec les participants, qui leur versent un modeste pot-de-vin. Certains patients trop crédules se font berner. Joseph Peter
évoque le cas d’un groupe de cliniques de Mississauga, en Ontario en 2011, qui abusaient de la naïveté d’immigrants récents, mal renseignés sur le système de santé du Canada. Sous prétexte de leur rendre service, les employés trop ser-
viables aidaient ces nouveaux arrivants à remplir des formu- laires inutiles afin de leur soutirer leurs codes d’identité ban- caire et mots de passe, prétendument pour ouvrir un dossier sur le site des compagnies d’assurance. « Ils arrivaient à prendre le contrôle des comptes bancaires où étaient virés les remboursements », ajoute M. Peter. Mais les auteurs du stratagème, qui ne voyaient pas plus loin
que le bout de leur nez, ont été pris à leur propre piège. Les patients déçus, qui s’attendaient à un remboursement, ont communiqué avec la Sun Life. « Au bout de quelques mois, nous avons découvert le pot aux roses », de conclure le vice-pré- sident aux Finances, Opérations, de la Financière Sun Life.
De nombreux indices Selon Daniel Tourangeau, la fraude s’accompagne de nom- breux indices. Par exemple, à peine leur formulaire soumis, certains demandeurs multiplient les demandes de renseigne- ments, exigent un remboursement immédiat ou s’adressent directement à l’administrateur du régime. Ou encore, devant une demande de complément d’informa-
tion, ces demandeurs peuvent se tenir cois des mois durant, puis ils portent plainte, en prétendant avoir répondu il y a plusieurs mois. Un simple imprévu peut faire voler en éclats les subterfuges
les plus ingénieux. SelonJoel Alleyne, certains escrocs se font prendre « parce qu’ils sont dénoncés par un conjoint avec qui ils viennent de rompre, ou par une réceptionniste congédiée qui était au courant de l’affaire et dont la furie se déchaîne ».
42 | CPA MAGAZINE | OCTOBRE 2014
nuer les réactions à l’ex- clusion sociale, et même à la douleur physique. »
Au départ, l'auteur d'un stratagème opère généralement en
solo ou s’adjoint un seul complice, pour s’enhardir au gré des réussites. Le cercle des initiés s’élargit alors. C’est sans doute ce qui explique comment 45 des 65 employés d’une entreprise (qui ont été démasqués par M. Tourangeau quand il travaillait pour un assureur canadien) en étaient arrivés à tremper dans la même affaire. Non contents de se faire rembourser de coûteuses lunettes
de soleil non correctrices, les complices en procuraient aussi à leurs proches. Leur stratagème consistait à présenter des reçus falsifiés afin de faire passer ces montures griffées pour des verres correcteurs. Imaginons qu’on ait demandé à ces employés s’il était
normal pour eux de dérober quelque chose à un voisin. Ils auraient sûrement rétorqué, scandalisés : « Bien sûr que non! » Pourtant, selon eux, une demande de remboursement fraudu- leuse n’avait rien d’un vol. « Voilà le raisonnement : ils se disent que la compagnie d’as- surance roule sur l’or et qu’ils ont droit à un remboursement, poursuit M. Tourangeau. Une fraction des participants croient dur comme fer qu’il faut profiter du régime, même sans néces- sité médicale. À leurs yeux, c’est presque une source de revenus complémentaires. » Dans son rapport, M. Tourangeau cite une étude d’Accen-
ture sur la fraude à l’assurance menée en 2003 : un adulte américain sur quatre trouvait justifié d’escroquer les assu- reurs; plus d’un sur dix n’aurait pas hésité à se faire rembour- ser un traitement qu’il n’aurait jamais reçu; enfin, environ la moitié estimaient que les fraudeurs sévissent parce qu’ils peuvent agir en toute impunité.
Régimes vulnérables D’après M. Tourangeau, dans bien des cas, les gens sont passés maîtres dans l’art d’exploiter les lacunes de certains régimes et
Richard Lautens / Toronto Star/
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