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Fraude ARNAQUES EN TOUS GENRES


DAVID MALAMED


In vino veritas? Pas toujours!


des appellations des vins de Bourgogne et de Bordeaux, entre autres, a-t-il déclaré. Il a donné au monde entier l’impression que la contrefaçon de vin pouvait rapporter beaucoup d’argent; la sentence devait donc être très sévère. » M. Ponsot a expliqué au journal The Telegraph qu’il avait entrepris de démasquer M. Kurniawan en avril 2008. On lui avait alors appris que 97 bouteilles de son domaine, l’un des plus célèbres de Bourgogne, allaient être vendues aux enchères à New York. Il a assisté incognito à la vente et, après avoir lu la description


des bouteilles, a informé la maison de vente aux enchères que certaines étaient forcément fausses. Selon The Telegraph, « le lot comprenait une bouteille de Ponsot Clos de la Roche 1929, un vin que le domaine n’a commencé à produire qu’en 1934, ainsi que 38 bouteilles de Ponsot Clos Saint-Denis millésimées de 1945 à 1971, alors que l’établissement vinicole n’a commencé à produire ce grand cru qu’en 1982. » Informée de ces anomalies, la direction de la salle des ventes


« L


E VIN EST UNE DES CHOSES les plus civilisées du monde », a dit Ernest Hemingway. Sans doute, mais peut-être pas aux yeux des victimes


de l’un des pires cas de contrefaçon de vin de l’histoire. En août 2014, un juge d’un tribunal de Manhattan a


condamné Rudy Kurniawan, âgé de 37 ans, considéré comme l’un des principaux collectionneurs de vins du monde, à 10 ans de prison pour avoir fraudé de riches clients de quelque 20 M$ US en leur vendant de faux vins. Le juge l’a aussi condamné à payer une amende de 28 M$ US.


« Il s’agit de la sentence la plus sévère jamais imposée pour ce genre de crime », a rapporté The Telegraph. L’homme d’affaires d’origine indonésienne (qui vivait illéga-


lement en Californie et qui sera expulsé après avoir purgé sa peine) était célèbre pour sa capacité d’identifier les grands crus. Mais on a découvert qu’il mélangeait chez lui des vins bon marché et apposait de fausses étiquettes sur les bouteilles. Ses clients fortunés, dont le milliardaire américain


William Koch (qui possède un cellier de 43 000 bouteilles), croyaient acheter à prix fort des vins extrêmement rares. Selon The New York Times, M. Kurniawan a réussi à les berner grâce à son savoir encyclopédique et à son palais exceptionnel. Le spécialiste français Laurent Ponsot, qui a dénoncé le faus-


saire, trouve pourtant la sentence trop clémente. « J’aurais préféré qu’il écope de 20 ans, car il a terni l’image et l’intégrité


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a aussitôt retiré le lot du catalogue. Le lendemain, M. Ponsot a rencontré un Rudy Kurniawan évasif. « J’ai tout de suite compris qu’il était malhonnête, affirme-t-il; il était mal à l’aise et il fuyait mon regard. » Déterminé à poursuivre M. Kurniawan en justice, M. Ponsot a fait appel à des détectives privés et déboursé plus de 100 000 $. En mars 2012, ses efforts ont abouti à une descente au domi-


cile de M. Kurniawan. La division du vol d’œuvres d’art du FBI a trouvé environ 19 000 fausses étiquettes de bourgognes et de bordeaux qui comptaient parmi les plus recherchés de même que des bouchons vieillis. Au cours du procès qui a suivi, l’avocat de M. Kurniawan a


irrité le juge Richard M. Berman en soutenant que son client, qui menait un train de vie somptueux grâce à ses activités frau- duleuses, n’avait causé qu’un tort négligeable et ne méritait pas une sentence lourde. « Personne n’est mort, a dit l’avocat. Personne n’a perdu son emploi ni ses économies. » « Est-ce à dire que, si vous êtes riche, le fraudeur ne devrait pas être puni? », a rétorqué le juge Berman. Le procureur fédéral Stanley Okula Jr. a également trouvé


choquant que l’avocat de la défense laisse entendre qu’une fraude qui est commise contre des gens riches doive être jugée moins sévèrement. « Une fraude demeure une fraude, a-t-il affirmé. Aucune dis-


tinction dans les lignes directrices ni dans la logique ne permet de juger une fraude différemment d’une autre. »


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